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La route serbe : « Pas si compliqué mais… »

Dans un précédent article, nous vous parlions de ces Burundais qui sont prêts à tout plaquer pour rejoindre la Serbie, devenue facilement accessible pour les ressortissants du pays de Mwezi. Quelle route empruntent-ils? Que risquent-ils dans cette entreprise périlleuse devenue monnaie courante ? Éléments de réponse.

« En signant l’exemption de visa à tous les  Burundais, même ceux détenant des passeports ordinaires, l’on a pu éviter les embarcations via les océans et les mers pour rejoindre l’Europe. Actuellement, un Burundais n’a pas (théoriquement) de peine pour se rendre en Serbie ». C’est ce que déclarait ce mercredi 15 juin 2022 Albert Shingiro, le ministre ayant les affaires étrangères dans ces attributions. Il était présent à l’Assemblée nationale pour présenter les Accords de coopération générale entre la République de Serbie et celle du Burundi. En effet, l’accord vieux de  trois ans (il a été signé le 20 février 2020) n’a pu être ratifié que ce 15 juin 2022.

Ainsi donc, suite à cet accord, ils sont de plus en plus nombreux les Burundais qui s’envolent pour la Serbie à la « recherche d’une vie meilleure » : « Dernièrement, je voyageais en Europe via Ethiopian Airlines. J’ai été surpris d’apprendre que 15 personnes avec qui je partageais le vol, avaient pour destination Belgrade », raconte, médusé, un ami de retour d’un voyage au vieux continent.

Cependant, cette aventure, si elle réussit pour les uns, elle devient cauchemardesque pour les autres. Nous allons y revenir.

Se rendre en Serbie ? Ce n’est pas sorcier, mais

Visa d’entrée, réservation d’hôtel, invitation, sans oublier bien sûr le billet d’avion aller-retour, assurance, carte jaune, test covid, ….sont entre autres les conditions présentées à certains migrants Burundais pour pouvoir entrer dans ce que certains imaginent être un « Eldorado ». Toute cette paperasse, vous vous dites ? « Pas exactement », confie un Burundais qui vit dans la république des Balkans depuis plus d’une décennie : « En fait, c’est là même que le bât blesse. Ils sont en effet beaucoup à se faire arnaquer et à payer toute une fortune pour des documents qui ne sont même pas exigés ».

On l’a déjà dit d’ailleurs, vous n’avez pas à payer le visa qui, en fait, n’est pas exigé. C’est  aussi le cas pour l’invitation. « Avez-vous déjà vu un pays qui exige une invitation pour un touriste qui entre sur son sol ? Tout ça, c’est de l’arnaque qui ne vise qu’à soutirer de l’argent », nous dira ce Burundais installé à Belgrade depuis 11 ans. Et d’ajouter : « Normalement, pour se rendre en Serbie, vous n’avez besoin que d’un billet d’avion aller-retour, une réservation d’hôtel, une carte jaune, un test covid et une assurance ».

Un ticket d’avion et hop, vous voilà en Serbie ?

Pas si certain ! Des histoires de personnes refoulées, soit en transit depuis Istanbul, soit depuis l’aéroport de Belgrade sont déjà légion. La directrice d’une agence de voyage relate : «  Des fois, c’est risqué, mais l’engouement est si grande que nous pouvons servir six personnes par jour qui veulent tenter leur chance »

Mais si non,  dans des conditions normales, l’entreprise de vous rendre en Serbie vous coûtera autour de 3 millions de Fbu. Mais ça c’est théorique, car dans les faits, ils sont nombreux à débourser des dizaines de millions de Fbu, des centaines ou simplement des milliers de dollars à cause de l’escroquerie et d’arnaque qui se sont invités dans ce business qui se fait d’une manière très discrète. C’est ce qu’explique l’un des jeunes récemment passé par la Serbie pour rejoindre la Belgique : « Moi, j’ai eu de la chance. Je n’ai pas été escroqué comme certains de mes amis. Ils ont déboursé des milliers de dollars et au final, celui qui était censé les accueillir leur a présenté de faux documents, avant de disparaître. Et c’en était fini pour mes malheureux amis  qui se sont vus emprisonnés avant d’être refoulés ».

Nous reviendrons prochainement sur cette facette sombre de ce périple migratoire pourtant légalisé et facilité (exemption de visa) par les deux Etats.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Pour moi je souhaite qu’on puisse faire un bureau au Burundi qui explique bien ce voyage,on a fait un accord entre le Bdi et la Serbie donc il faut éviter ces magouilleurs qui surgissent.

  2. On devrait apprendre ces procedures dans les institutions scolaires pour éduquer les gens. Ce n’est pas qu’en serbie même dans d’autres pays dont un grand nombre de burundais se sont installés, la plupart y sont parvenus aprés avoire été gravement arnaqué. J’estime qu’un simple citoyen devrait au moin avoir une connaissance de base dans les procédures de voyage. J’en connais bcp qui ne peux méme pas réserver un hotel en ligne mais c’est pitoyable