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Quelles priorités pour que « Buja-la-belle » retrouve sa superbe ?

A l’instar d’autres communes, Mukaza s’est dotée d’un Plan Communal de Développement Communautaire (PCDC) destiné à faire de cette entité administrative urbaine un pôle de développement économique, touristique et social. Le plan prévoit des domaines d’intervention prioritaires. Qu’en disent les habitants de cette commune ? 

L’administrateur communal vient de remettre la question sur le tapis dans une réunion qu’il a organisée à l’endroit des ONGs, des représentants des confessions religieuses et des sociétés œuvrant dans la sécurité sociale, c’était le 09 mars 2022 à l’hôtel Source du Nil. Un plan étendu sur 3 ans (2022-2025) et qui nécessitera un financement de pas moins de 48 milliards de BIF.  Il a exhorté les participants à la réunion d’apporter leur contribution, sous peine de leur retirer leur agrément. Nous passons sous silence cette menace (dont la légalité est douteuse) qui pèse sur les potentiels récalcitrants. Concentrons-nous sur les priorités du PCDC de Mukaza. Voici ses 4 axes stratégiques: la promotion des secteurs d’appui au développement économique et social, le développement du capital humain, la gestion durable de l’environnement et adaptation aux changements climatiques et le renforcement de la gouvernance locale, la justice, la cohésion sociale et l’équité.

 Tout ça, c’est beau, mais que pensent Les citadins entre confusion et confusion

Selon S.N., la trentaine révolue, un employé d’une ONG sise à Rohero, si la commune Mukaza veut consacrer 48 milliards de BIF à sa rénovation, la priorité doit revenir à la réfection de la voirie urbaine, à la construction/curage des canalisations des eaux ainsi qu’à la préparation d’un espace pouvant accueillir tous les mécaniciens de la ville travaillant à ciel ouvert dans les quartiers de la capitale économique. 

S.N propose à l’administration de la commune Mukaza d’engager des experts qui puissent concevoir un plan d’action facilement lisible et simple à implémenter pour que « Buja-la-belle » retrouve sa superbe. 

Aux environs de 16h, nous décidons de faire une petite balade en ville.Nous croisons M.E, une maman dans la trentaine, qui rentre à pied à Jabe où elle habite depuis quelques années. Elle ne comprend pas les enjeux autour de ce projet. Pourtant elle ne voit que deux priorités urgentes : « 48 milliards de fbu ? C’est beaucoup d’argent dis-donc ! Les priorités ? Pourquoi tu me demandes ça à moi ? Bon, je n’ai pas tout compris, mais OK. Construire des routes assez larges pour qu’on n’ait pas à chasser les motos ou les vélos. Il faut aussi penser à éclairer les quartiers de la ville. Il y aura moins de voleurs et on vivra tranquillement.”  

« On va tout bouffer »

Nous laissons M.E pour mettre le cap sur Buyenzi. Au croisement de la 6ème avenue et de la route principale, un groupe de 4 hommes est en train de discuter. L’un d’eux accepte de donner son avis sur ce nouveau projet :« Tu dis 48 milliards BIF ? On va tout bouffer ! Des priorités ? Arrête avec ça, ça ne va rien changer ! Oui, allez poser la question aux autres ».    

Emélyne, 27 ans, vit à la 8 avenue de Nyakabiga I. Elle a terminé ses études mais reste toujours au chômage. Elle se débrouille avec un petit boulot temporaire pour joindre les deux bouts du mois. Après lui avoir expliqué que la commune Mukaza a monté un projet de 48 milliards BIF pour sa rénovation, elle demande à quoi pourrait servir son opinion sur ce projet. Un petit moment d’explications, et elle se lance. Tout cet argent, elle voudrait qu’on investisse dans la lutte contre le chômage endémique qui frappe les jeunes. Sa logique est simple : si on se met à construire les routes mais que les jeunes n’ont pas de travail, à quoi serviront ces routes ?

 

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