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Nuisances sonores : les victimes n’en peuvent plus

A Bujumbura, la pollution sonore dérange bon nombre de citadins. Les bruits en provenance des églises, mosquées, bistrots, salles de fête, les radios des véhicules, etc., gâchent notre quotidien. Ce blogueur, un de ceux qui sont exposés quotidiennement à ces nuisances sonores, se lamente. 

« Est-ce vraiment seulement les églises qui font des tapages nocturnes ? Pendant la nuit, j’entends des bruits venant des karaokés et des boîtes de nuit…», interrogeait le président du sénat, lors de la séance des questions au ministre de l’intérieur. Cet élu du peuple trouve que la mesure du ministère de l’intérieur devrait viser toutes les sources de nuisance sonores, et non seulement les églises.

Certains soutiennent la position du président du sénat. D’ailleurs, ce ne sont pas que les églises seules qui font du tapage. Pour d’autres, s’il faut diminuer la nuisance sonore, il faut commencer quelque part.

Le bruit infernal au quotidien

Dans la ville de Bujumbura, le bruit gâche nos vies. A la maison ou dans les lieux publics, nous vivons, contre notre gré, cette nuisance. Bujumbura est quasiment devenu une véritable caisse de résonance des bruits de toute part.  

La vie est-elle devenue un bazar permanent dans nos quartiers ? Au regard de l’environnement bruyant dans lequel sont plongés au quotidien les citadins, on peut être tenté de répondre par oui. Dès son réveil, assommé par le vacarme ambulant, le citadin est devenu sourd aux chants d’oiseaux et la douceur du bruit de la nature.

Même dans bus, le bruit y est omniprésent

À l’heure de la sieste, les petits peinent à se reposer. Entre les coups de marteau des chantiers, les vieux camions qui émettent des bruits assourdissant et la forte musique des studios, se reposer tranquillement est devenu impossible.

Ceux qui prennent les bus de transport en commun sont accueillis par le bruit à l’entrée du bus. Difficile de recevoir ou de passer un appel, même en cas d’urgence. Le pire est que les conducteurs ou rabatteurs refusent d’éteindre la radio. Ils préfèrent chasser le client gêné par le bruit ou qui demande qu’on diminue le volume de la radio.   

Nos habitations ne sont plus des refuges

Nos domiciles, jadis des refuges pour nous permettre de jouir d’un repos tranquille après une journée de travail stressante et éreintante, ne le sont plus. Ceux qui habitent à proximité des salles de fêtes vivent le calvaire. Pendant le weekend, c’est pire. Impossible de dormir à cause de la musique diffusée par de gros baffles placés dans les salles de fête, ou lors des soirées privées. Et gare à celui qui se plaindrait. Selon le principe de bon voisinage à la burundaise, on ne dit rien, de peur d’être traité de rabat-joie.

Le jour des matchs, c’est l’enfer. La nuit de ceux qui habitent à côté des bars devient cauchemardesque. De nombreux bistrots et bars se livrent à une concurrence sonore.  Les Djs mettent le feu à la scène.  

Dans les quartiers où la majorité de gens ne peuvent s’abonner aux chaînes diffusant les matchs, personne ne peut se reposer à cause du bruit. Avant, on fêtait les victoires de l’équipe nationale ou celles des clubs locaux, mais aujourd’hui le FC Barcelone, le Real Madrid et Liverpool ont plusieurs supporters à Bujumbura.

Il est urgent de réguler les pollutions sonores. Sinon, les effets sur la santé et sur la production seront inévitables.

 

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