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Internet, j’aurais dû t’aimer

Internet, aujourd’hui je décide de t’écrire pour tout te dire, histoire d’apprendre à se connaître. Tous les deux, on s’est fait la guéguerre et j’en suis la principale responsable. Je plaide coupable.

Certaines histoires d’amour commencent par un regard, parfois furtif. Un sourire innocent. Un truc anodin, quoi. C’est fou comme de petites étincelles peuvent déclencher de grands incendies. Moi et toi, notre brouille est entrée par une porte, plutôt un mot : « Fainéant ».

C’était l’étiquette que je collais aux gens qui passaient leur temps à te côtoyer, leurs yeux toujours rivés sur leurs smartphones, pianotant impulsivement sur les écrans. J’en pouvais plus. J’ai commencé à les juger. Ne t’énerve pas au moins moi, j’ose te l’avouer. Tu sais combien de personnes considèrent tes adeptes comme des orgueilleux ou des bons à rien ?

Bon revenons à nos mots et tons ou à nos moutons (si tu veux). Chaque fois que je voyais mes collègues passer leur temps à surfer sur internet, je me disais toujours : « Il n’y a que les enfants de la ville pour faire ça ! Ils ont les pieds sur la lune. Ils passent leur temps sur les réseaux sociaux. Ils n’ont rien à faire. Leurs parents ont déjà planifié leur vie. »

L’âge de la pierre désormais révolu !

À bien réfléchir, ma haine n’avait rien à avoir avec toi. Comment haïr ce que tu n’as jamais vu ? Paradoxe non ? Ne te méprends pas, c’était l’œuvre d’un enchantement des paroles de mes aînés. Quand on considère les récits d’antan, étudier et avoir de bonnes notes garantissaient jadis un travail décent et un futur radieux. Tu n’étais qu’une distraction pouvant me détourner de mes objectifs. En tout cas, c’était clair dans ma tête. Clair comme l’eau de roche qu’il fallait ne pas te côtoyer. Mais l’eau a coulé sous les ponts depuis. Les choses ont changé : les bonnes notes seules ne suffisent plus, il en faut plus pour se frayer un chemin.

Je me rappelle d’un ami qui m’a raconté un jour : « Pourquoi me limiter à ce que le professeur me raconte alors que je peux trouver mieux ? En effet lorsque le professeur donne un syllabus, la plupart du temps il mentionne les références où il a tiré ses notes. Mais pourquoi me résigner aux miettes alors que je peux tout avoir ? ».

Qu’est-ce que je me suis sentie bête d’avoir seulement attendu ce que les profs nous faisaient gober ! Ce jour-là, j’ai commencé à me remettre en question, et si t’étais réellement la source première d’informations comme tes adeptes ne cessent de le vanter ?

Une porte se ferme, une autre suit

Tu te demandes sûrement pourquoi je t’en veux. T’inquiète. Je compte te le dire. Il est 7h du mat, un appel me tire de mon sommeil : « Tu as vu l’appel d’offres qui est paru ? », me demande un ami. Je me lève illico et file chercher quelqu’un qui a un android pour qu’il me file un coup de main. Android en main, chercher ces informations est une autre affaire ? Google chrome et Gmail me donnent l’impression que c’est un jeu de mots croisés. Mon professeur avait oublié de me dire ce que c’est qu’un lien !

On dit en kirundi « Uwuvunitse yiga gucumbagira » je réussis mais vraiment avec beaucoup de difficultés à soumissionner après avoir complété tout un formulaire bizarre. Après tout ça, voilà le moment d’annoncer les profils retenus. Je m’attends à ce qu’on affiche les résultats.Non ! Mon ami me signale de consulter mes e-mails. Misère ! Je n’ai même pas d’adresse électronique. J’avais utilisé celui de mon ami. C’est lui qui a reçu le mail. Une porte se ferme, une autre suit.

Internet, si j’avais appris à te côtoyer, sûrement que j’aurais évité de telles scènes. Mais je suppose qu’il n’est pas encore trop tard, n’est-ce pas ?

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Les commentaires récents (2)

  1. ❤️❤️j’adore ta plume Ella, au début Je croyais que Tu parlais d’un mec et boom internet. I can relate kuriyi story
    Hama Il n’est pas Trop tard,
    T’as d’autres opportunités qui t’attendent