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Basketball : des lignes d’amour, des lignes de vie

« Ibintu bibishe burya ntibihera » (les choses les moins intéressantes peinent à finir, ndlr). En même temps, « Akaryoshe ntigahora mw’itama » (les bonnes choses ne durent jamais). Voilà que la couleur orange du ballon évoque déjà le tonus dans les tribunes. Ce blogueur a dernièrement assisté à l’épique match de fin de carrière de « Gafyisi », une occasion de s’émerveiller sur le niveau du baskeball burundais. 

Les places se remplissent dare-dare à moins d’une demi-heure du match suivant, le plus emblématique car il va marquer la fin de course d’Elvis Hakizimana, 20 ans de carrière.

23 janvier 2022, dans les locaux du département des sports. Les maîtres de cérémonie appellent les équipes masculines en lice. Mais l’euphorie s’installe quand la super star du jour, Gafyisi, est vu en dernière position sur le rang des joueurs. La nouvelle avait déjà filtrée, annoncée à la veille de la finale opposant son équipe Urunani à Dynamo. Un standing ovation des plus naturels, voila qu’un air de respect couvre le terrain du « département ». Le silence est interrompu, c’est le moment des honneurs, celui qu’on connait traversant à pied les rues de Bujumbura vers les terrains d’entrainement, short et sac sur le dos, tient dans ses mains les documents et la clé de voiture de la part de son équipe. Le moment est solennel, ses coéquipiers arborent son « huit » désormais retiré des numéros de l’équipe bleue. La foule adhère, le capitaine partant à la retraite laisse couler une larme, les snaps du public et clichés des journalistes en font un vrai #MambaOut.

Au terrain de basketball…

Plus personne ne peut prétendre connaître le profil du public. Des gens nonchalants, chevronnés, curieux sont tous là pour un plaisir spectaculaire. « Nom de Dieu, le basket est un show maintenant », commente un amateur, surexcité, après un tir au panier effectué par son équipe favorite. Si les pourtours restent toujours blindés, le mot est passé : il est conseillé d’être sur place au moins deux heures avant le match pour une meilleure place. La preuve étant l’incapacité du terrain Toyota d’abriter les différents rendez-vous du weekend. Le fun aujourd’hui c’est aussi de retrouver sa photo dans un média dans ta posture la plus fanatique à certain moment, pendant le match. Ce n’est pas fini, on peut maintenant mettre un nom sur la tendance de certains joueurs : le show off après une passe ou un tir décisif. Leurs réactions envers leurs pairs mais encore, moins conciliant pour le public adversaire, électrisent les foules, à l’image d’un match NBA qui passe sur Canal+.

Des lendemains qui chantent pour le basket burundais ?  

Depuis maintenant 6 mois, l’engouement pour ce sport se fait sentir, visiblement depuis l’élection du nouveau comité. Malgré certaines promesses trop ambitieuses non encore accomplies, il se remarque une nouvelle énergie. Bien de choses le démontrent : les sponsors affluent (la dernière grande enveloppe est celle de la Brarudi à hauteur de 480 000 000 BIF pour le championnat national sur 4 ans), plusieurs équipes qui se renforcent avec des joueurs étrangers, l’informatisation des billets d’entrée, et le tapage médiatique qui se fait autour des matches. 

L’autre qui disait que chaque chose a son temps de gloire, ce ne serait pas juste de ne pas le confirmer pour le basket burundais actuellement. Sans passer pour un rabat-joie, le peuple ne demande que ça dure et plus important…que…..it pays off !

 

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