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Travaux de développement communautaires: les jeunes de Ruziba sont-ils sur la même longueur d’onde ?

S’il est vrai que les travaux de développement communautaires visent l’intérêt général, ils ne sont pas toujours vus de la même façon. D’ailleurs, des mesures contraignantes envers les récalcitrants ont été prises ici et là. Dans un débat contradictoire, les jeunes de Ruziba ont discuté à bâton rompu sur l’origine de ces divergences de point de vue et comment les relever. 

Au Burundi, les travaux de développement communautaire ne datent pas d’hier. Le recours à ces travaux collectifs institutionnalisés prend appui sur l’existence de la tradition d’entraide. Cette même entraide qui s’illustre aussi lors des évènements sociaux ou lors de certains travaux  (défrichages, récoltes, constructions et chantiers complexes). Pour ou contre ces travaux, ce n’est pas vraiment la question qui se pose, mais plutôt pourquoi il y en a qui ne veulent pas à y participer ?  

Hatungimana Issa (27 ans) défend l’intérêt de ces travaux. « Ils sont importants pour la communauté. Nous contribuons à la construction des écoles. Nous entretenons la voirie, nous plantons des arbres, etc. », rappelle-t-il 

Pour Munezero Divine, 25 ans, les fruits de ces travaux sont palpables. « Comme  ils profitent à toute la population, y participer est un devoir pour tout citoyen. Mais malheureusement, il y a ceux qui les boycottent pour diverses raisons », déplore-t-elle.

Pourquoi les boycotts?

L’appel aux travaux de développement communautaire n’est pas répondu par tout le monde. Ceux qui n’y participent pas encourent certains désagréments. Par exemple, certains administratifs leur refusent des prestations de leur ressort.

 « Il y en a qui considèrent que ces travaux sont politisés. Ils les voient comme un projet du parti au pouvoir. Avec les mésententes politiques préexistantes, ils trainent donc les pieds pour y participer », relève Janvier Ntakarutimana, 23 ans.

Claudine Akimana, 26 ans complète ces propos : « Si un grand nombre de jeunes appartenant au parti au pouvoir partagent cet engouement pour les travaux de développement communautaires, la motivation des jeunes des autres partis n’est pas grande ». 

Jeanne Kwizerimana (22 ans), elle, parle de la mauvaise compréhension de l’importance de ces travaux. « Quand on est mobilisé  pour curer des caniveaux, réhabiliter un pont, tracer des courbes de niveau, etc., le profit va tout droit au citoyen. Aucun parti politique ne devrait pas s’approprier le mérite de ces travaux », avance la jeune femme. 

Des pistes de solution

Convaincus de la nécessité de ces travaux, ces jeunes donnent des pistes de solution qui boosterait la participation de tous.  

Issa Hantungimana n’y va pas par quatre chemins : « Les mesures contraignantes aident. Mais, il faut d’abord que tout le monde prenne conscience de l’importance de ces travaux. Les leaders de toutes les formations politiques doivent jouer un grand rôle dans la sensibilisation. C’est à eux de donner le bon exemple à leurs partisans ». 

Laëtitia Nshimirimana (25 ans), elle, préfère se focaliser sur la manière de pousser  volontairement les jeunes à adhérer aux travaux communautaires : « Des activités ludiques et attractives peuvent être couplées à ces  travaux. Dans ce cas, les jeunes  y prendraient part avec joie. En plus, cela favoriserait sans doute la cohésion sociale ».

 

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