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La tourbe, un bon substituant du charbon de bois

Depuis le début de l’année, le prix du charbon de bois ne cesse d’augmenter. Or un autre combustible, la tourbe en l’occurrence, est disponible et bon marché. Pourtant, l’utilisation des briquettes de tourbe produites par l’ONATOUR reste très faible alors que c’est un bon substituant du charbon de bois. Pour inciter les ménages à utiliser ce combustible, l’Etat devrait donner l’exemple.

Depuis une décennie, le prix du charbon ne cesse de s’envoler. Pourtant, le Burundi regorge de millions de tonnes de tourbes, un combustible qui pourrait valablement remplacer le charbon de bois. Mais force est de constater qu’il est sous-utilisé alors que, selon les experts, il est écologique et pourrait aider à résoudre le problème de déforestation causé par la coupe du bois destiné la préparation du charbon de bois. A ceux qui pensent que la tourbe ne peut pas être utilisée dans les ménages pour une raison ou un autre, Pascal Ninkunda, directeur général de l’ONATOUR (Office Nationale  de la Tourbe) lève toute équivoque.

Un produit abordable

« Depuis le mois de janvier, nous utilisons une nouvelle machine produisant les briquettes de tourbes. Elles remplacent facilement le charbon de bois utilisé dans la cuisson des aliments et en plus elles coûtent moins cher». Un kilo s’achète 400 BIF.  

Ce responsable concède qu’avant cette nouvelle technologie, la tourbe dégageait une forte fumée et de la poussière. A cause de cet obstacle, une partie de ses clients avait abandonné l’utilisation de ce combustible. Mais avec la nouvelle machine, ce produit ne dégage plus de fumée. Les principaux clients sont la police, l’armée et les écoles à régime d’internat. « Nous avons commencé la sensibilisation pour la vulgarisation de ce nouveau produit. Selon une récente étude, d’ici peu, le prix des briquettes pourrait encore baisser », fait-il savoir. Toutefois , il précise que pour utiliser la tourbe dans la cuisson, il faut aménager un brasero (Mbabula) approprié. 

Pascal Ninkunda indique que l’ONATOUR manque de clientèle sinon l’entreprise a la possibilité d’augmenter sa production car les potentialités ne manquent pas. « Nous produisons en fonction de la demande. Depuis le mois de janvier, nous avons enregistré une production de 80 tonnes de tourbes.»

Des gisements inexploités

Il souligne que le Burundi dispose de gisements de tourbe  estimés à 58 millions de tonnes. Trois tourbières ont été identifiées. Nyamuswaga (4,3 millions de tonnes), Akanyaru (52 millions de tonnes) et celle de plateaux centraux (1,12 millions de tonnes). 

Actuellement, quatre chantiers d’exploitation de la tourbe sont en activité. Le chantier de Gisozi, l’un des plus grands, celui de Gitanga, à cheval entre les communes Matana et Ryansoro, le chantier de Matana et le chantier de Buyongwe, situé entre les communes Kiremba, Nyamurenza et Marangara en province de Ngozi. 

Finalement, le Burundi détient un combustible pouvant remplacer le charbon de bois. Des réserves abondantes sont éparpillées sur le territoire national. Pourquoi la tourbe n’est pas parmi les solutions alternatives prioritaires mises en avant pour protéger l’environnement? 

L’adage français le dit bien, la charité bien ordonnée commence par soi-même. Pour inciter les ménages à utiliser ce combustible, l’Etat doit prêcher par l’exemple. L’armée, la police et les écoles à régimes d’internat devraient systématiquement utiliser les briquettes de tourbe.

 

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