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Saluhu vs Ndayishimiye : des vrais jumeaux ?

Au moment où le président Evariste Ndayishimiye vient de gracier 5255 prisonniers, son homologue Samia Saluhu Hassan vient d’en faire autant de l’autre côté de la Malagarazi. À y regarder de près, les circonstances au moment de l’ascension au pouvoir, la gestion de la Covid-19, les réformes, les décrets de destitution, la restauration de la liberté de la presse, la présidente Tanzanienne, Samia Saluhu Hassan, partage de nombreuses ressemblances avec le président Burundais, Evariste Ndayishimiye. Jusqu’où va le parallélisme entre les deux présidents ?

Je vous explique. De un, les deux présidents sont de la même génération des années 1960. De deux, les deux présidents ont prêté serment lorsque leurs pays étaient en deuil national. L’un à cause de la mort de Pierre Nkurunziza, l’autre à cause de la mort de John Pombe Magufuri, les prédécesseurs emportés subitement par la faucheuse, dans des circonstances pareilles, entouré de nombreuses interrogations. Mais bon, autant ne pas (se) poser beaucoup de questions.

Ensuite, contrairement à leurs prédécesseurs, les deux présidents ont tendu la main à la presse pour améliorer la liberté de la presse restreinte. Au Burundi, c’est avec le président Ndayishimiye que certaines radios fermées et certains journalistes emprisonnés sous Nkurunziza ont été ouverts et graciés, de même que Samia Saluhu qui vient d’ordonner la réouverture de maisons de presse fermées sous le règne de son prédécesseur.

Les deux présidents ont également hérité des pays caractérisés par le laxisme et le déni face au fléau du Covid-19. « La Covid-19 n’a pas l’air si grave que ça, le Burundi et la Tanzanie sont habitués aux épidémies, Dieu est au contrôle », disaient leurs prédécesseurs covidosceptiques. C’est avec Ndayishimiye au Burundi et Samia en Tanzanie que la gestion du Covid-19 a été pris à bras-le-corps avec des réformes de ripostes et l’ouverture des deux pays aux normes de riposte internationales.

Par ailleurs, c’est avec Ndayishimiye que presque pour la première fois, des décrets estampillés «  est destitué » commencent à pleuvoir. Une nouvelle marque de Reta Mvyeyi Reta Nkozi. Au même moment, de l’autre côté de la Malagarazi, même cadence. Quelques jours après l’investiture, Samia Saluhu a suspendu le directeur général de la « Tanzania Ports Authority », après que l’institution ait été mentionnée négativement avec un détournement de fonds massif dans le rapport du contrôleur et vérificateur général. Elle a même menacé que des mesures sévères seront prises contre les dirigeants d’autres entités publiques où des faits de détournements de deniers publics sont rapportés.

Enfin au moment où le président Ndayishimiye présidait les cérémonies de libération des 5255 prisonniers graciés, la présidente Saluhu signait une grâce  identique pour 5000 prisonniers à l’occasion du 57ème anniversaire de la création de l’union de Tanzanie. L’écrivain Goethe disait : « Comparer n’est pour l’ignorant qu’un moyen commode de se dispenser de juger ». Les ressemblances entre les deux présidents sont aussi spectaculaires que leurs différences.

 

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