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Sage-femme : quid de la place de l’homme ?

Le 5 mai de chaque année le monde célèbre la journée internationale de la sage-femme. Alors qu’au Burundi, ce métier est voué aux femmes, certains hommes commencent à s’y intéresser timidement. Leur place dans ce métier pose-t-elle vraiment problème comme certains l’imaginent ? Une bloggeuse a fait le tour de la question.  

Être un homme et avoir le mot « femme » dans le nom de son métier, voilà ce qui n’est pas courant. La terminologie de « sage-femme » contient en elle-même l’intérêt d’une réflexion sur la place des hommes dans ce métier. Et dans un pays comme le Burundi où le régime patriarcal comprend à peine un homme qui fait un métier traditionnellement et historiquement « féminine », la présence des hommes sage-femme vient questionner sur leurs capacités à exercer ce métier.« Les hommes sages-femmes, je trouve ça bizarre. Je ne pense pas qu’un homme puisse avoir ce contact maternel et être proche de la mère qui accouche comme on peut l’être », confie Annuarite Ndikuriyo, sage-femme.

Ngendakumana, une autre sage-femme, témoigne : « Nous avons une sage-femme homme à notre hôpital, et il se place beaucoup plus du côté de la technique. Le relationnel n’est pas son truc. Il lui est difficile par exemple de comprendre ce qu’une mère qui accouche ressent vu qu’il n’a jamais vécu une grossesse. En plus, quand arrive l’étape à apprendre à la jeune maman comment mettre son bébé au sein, presser un bout de sein, il ne le fait pas comme une femme », confie-t-elle, avant de renchérir qu’être sage-femme, c’est avant tout « être femme » et savoir utiliser professionnellement les qualités socialement reconnues au sexe féminin.

Le relationnel, un handicap ?

« Absolument pas », conteste Nicolas Ndayihimbaze, un homme sage-femme. Pour lui, une femme sage-femme doit montrer qu’elle est à l’écoute, attentionnée, proche de la patiente. C’est cela qui est considéré comme normal et naturel dans ce métier. « L’homme sage-femme peut rester viril tout en explorant sa féminité et en laissant sa sensibilité se développer. Son écoute et son dévouement auprès des femmes sont très appréciés et seront donc plus valorisés s’il exerce le métier de sage-femme », confie-t-il.

Un bémol…

Selon toujours Nicolas, cela n’est toutefois pas évident pour les hommes sage-femme. Avec ce métier, le premier défi est inhérent à son appellation. « Je sens surtout un questionnement, une curiosité, car ma profession appartient naturellement aux femmes, dans l’esprit de certains. Se posent-ils la même question à propos d’une femme qui pratique un métier d’homme ? », s’interroge-t-il. Quand il a commencé ce métier, le contact avec l’intimité et le corps nu de ses patientes suscitait un trouble, se rappelle le jeune homme. C’était alors l’homme désirant qui surgissait derrière le professionnel. Mais, au fur et à mesure, il s’y est habitué et cela n’est plus une entrave.

Un homme peut bel et bien devenir sage-femme. La patience, l’écoute et la tendresse ne sont pas spécifiquement féminines, de même que la rigidité n’est pas uniquement masculine. Espérerons que la question de la place de l’homme burundais dans le métier de sage-femme évoluera bientôt. Il est question ici de changement de mentalité. C’est  le courage et la détermination des hommes qui veulent exercer ce métier qui constituent la clé de réussite.

 

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