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Rumonge : les entrepreneurs improvisés désemparés

A Rumonge, des jeunes qui font du business par nécessité peinent à réaliser des bénéfices. Certains parmi eux travaillent à perte. Bien qu’ils ne soient pas nés avec la fibre entrepreneuriale, s’ils étaient soutenus, ne pourraient-ils pas devenir des entrepreneurs prospères et contribuer au développement du pays ?

Depuis plusieurs années, l’entrepreneuriat est devenu un refuge pour des jeunes à la recherche de l’emploi. Petit commerce, services divers, les jeunes de Rumonge ont une envie implacable de prendre en mains leur destin. Malgré cette volonté, Etienne Furaha, un jeune de la colline Rutumo trouve que son business tourne mal. « Depuis 2018, mon business de vente de poisson et des fruits ne se développe pas. Mon compte d’épargne est vide. Je travaille souvent  à perte.»

Un business qui tourne au ralenti

D’après lui, c’est depuis qu’il s’est marié, que son commerce tourne mal. Et pour cause : ses bénéfices couvrent à peine les charges quotidiennes de la famille. Quand  Furaha était célibataire. Il faisait de petites économies. Il encaissait un gain journalier estimé à 3000 BIF. Cela lui permettait d’entreprendre d’autres activités génératrices de revenus à côté de son business principal. Ainsi pouvait-il compenser les pertes. Aujourd’hui c’est impossible. « On consomme tout le bénéfice. Quelquefois, nous grignotons sur le capital », déplore-t-il.

Selon ce jeune, le commerce de poissons est un moyen de survie. « Au début, je me suis lancé avec 100 mille BIF parce que je n’ai pas pu décrocher un emploi ». Les mêmes lamentations, on les retrouve chez Louis et Joselyne. Leurs business tournent aussi au ralenti. Tous ont quelque chose en commun. Ils se sont aventurés dans l’entrepreneuriat parce qu’ils n’avaient pas d’autres choix. 

On naît entrepreneur ou on le devient ?

 Ces jeunes de Rumonge ne sont pas les seuls à se réfugier dans l’entrepreneuriat pour échapper au chômage. Beaucoup de jeunes burundais démarrent une activité génératrice de revenus par contrainte.

A défaut de trouver un emploi, ils essaient de le créer, comme il leur est souvent conseillé. Pour eux, entreprendre n’est pas le fruit d’une passion mais une alternative, un moyen pour ne pas sombrer. En conséquence, les projets qu’ils lancent connaissent rapidement des difficultés, certains allant jusqu’à la faillite. Ces entrepreneurs improvisés démarrent des activités parce qu’ils n’ont pas pu trouver un emploi rémunéré. Dans la plus part des cas, ils finissent par jeter l’éponge

Ces jeunes qui se battent méritent quand même du soutien

Normalement, tout entrepreneur avisé sait exploiter des opportunités. Il aspire au profit et à l’indépendance. Il doit innover pour développer son activité. Malheureusement ce n’est pas le cas pour ces entrepreneurs improvisés, et cela n’est pas valable pour Rumonge seulement. Comment résoudre ce problème ?

Ce type d’entrepreneurs a besoin d’encouragement et d’appui. Ils doivent savoir comment gérer sainement leurs projets. L’État et les organismes œuvrant dans l’autonomisation des jeunes doivent leur venir en aide pour que leurs projets leur apportent les fruits de leur labeur.

Cet article s’inscrit dans le cadre du projet EEYP – Economic Empowerment of Youth towards Peacebuilding and Crisis  Prevention in Burundi  soutenu  par  IFA et exécuté par WAR CHILD  et  AJEBUDI-YAGA

 

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