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Rumonge: l’entrepreneuriat des jeunes, un long chemin parsemé d’embuches

Cela fait un temps que le concept d’entrepreneuriat est en vogue au Burundi. Rumonge ne fait pas d’exception. Mais pour les jeunes de là qui rêvent de créer leur propre emploi, ce n’est pas toujours une douce sinécure.  Ils sont confrontés à des freins et des obstacles les empêchant de convertir leurs idées en projet. Le point.

10 h. Rumonge, ville lacustre, est mouvementée. Et elle est en train de changer de look. Le long de la RN3, les décombres des démolitions des constructions anarchiques sont visibles partout. Des salons de coiffure, des restaurants, des cybers, des ateliers de couture, des maisons d’habitations, etc., ont été détruites. Certains jeunes déplacent leurs matériels pour aller s’installer ailleurs. D’autres travaillent dans les décombres. Mines renfrognés, d’autres sont déboussolés. L’un d’eux se lâche. « Je perds ma source de survie. Je dois aller m’installer ailleurs et recommencer à zéro

Ces démolitions perturbent les initiatives entrepreneuriales de quelques  jeunes qui peinent à démarrer. Ceci alors que, comme toutes les provinces, Rumonge fait face au chômage galopant des jeunes.

La barrière culturelle, un défi de taille

« Le manque d’information constitue un autre défi de taille », déplore Jeannette Ndikuriyo. De ce fait, ces jeunes ne parviennent pas à identifier les opportunités présentes sur le marché local. Ainsi, les jeunes filles s’orientent dans les activités d’achat et de transfert de la monnaie électronique. Les garçons ouvrent des salons de coiffure et des studios. « Vous comprenez qu’ils ne peuvent pas tenir tous parce qu’ils sont très nombreux à se lancer dans les mêmes activités »

« La barrière culturelle est un autre défi auquel les jeunes doivent faire face, mais malheureusement on n’en parle pas beaucoup », fait remarquer Jeannette, habitante de Rumonge. Malgré le pas déjà franchi, la culture entrepreneuriale n’est pas encore suffisamment développée.

Selon elle, la mentalité burundaise considère les femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat comme des désespérées abandonnées par leurs maris. Il arrive que leurs projets ne soient pas soutenus par leurs proches et qu’elles décident d’abandonner. D’ailleurs, certains métiers rentables sont traditionnellement réservés aux hommes. « Par exemple, les femmes ne peuvent pas faire la pêche alors que cette activité est la principale source de revenu des familles riverains du Lac Tanganyika.», précise Jeanne.

Le manque d’expérience dans la gestion de projets

Selon Claude, jeune chômeur,  les jeunes qui veulent créer leur propre emploi sont confrontés à des freins et des obstacles les empêchant de convertir leurs idées en projet. « L’esprit d’entrepreneuriat commence  à germer dans nos têtes. Nous sommes conscients que nous devrons créer un emploi. Mais, nous faisons face à de nombreux défis.»

Selon lui, les programmes d’éducation et de formation  n’encouragent pas convenablement aux attitudes et compétences entrepreneuriales, mais se contentent de préparer les apprenants à un emploi salarié, bien que des améliorations aient été accomplies nouvellement dans ce domaine.

Par ailleurs, ces jeunes n’ont jamais exercé une autre activité. « A la fin des études, peu préparés, nous nous orientons vers la recherche du travail car nous ne pouvons pas en créer », explique ce jeune. Une grande partie des jeunes est contrainte d’attendre une éventuelle embauche pendant plusieurs années.

Le manque de financement, l’autre écueil 

Pierre Ntahondi déplore le fait que certains jeunes ne peuvent pas réaliser leurs projets à cause du manque de financements, les banques exigeant toujours des garanties dont les jeunes ne disposent pas. Et d’espérer que peut-être la situation va changer avec la mise en place de la banque des jeunes.

Cependant, nombreux sont les jeunes qui rêvent de créer leur propre entreprise. Mais peu d’entre eux parviennent effectivement à franchir le pas. Cela démontre l’existence d’obstacles entravant l’entrepreneuriat des jeunes  notamment en ce qui concerne les compétences, les relations et les financements. Sans doute, ils ont besoin de formation et de solution financière pour entreprendre.

Cet article s’inscrit dans le cadre du projet EEYP – Economic Empowerment of Youth towards Peacebuilding and Crisis  Prevention in Burundi  soutenu  par  IFA et exécuté par WAR CHILD  et  AJEBUDI-YAGA

 

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