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Le PNUD à la rescousse des potiers de Rwamvura

Rwamvura est chanceux. Le PNUD a financé un centre de poterie moderne dans une localité tranquille de Ruyigi. Les artisans qui vivent de ce métier se frottent les mains et sont convaincus que ce centre contribuera sans aucun doute à leur développement socio-économique. 

« La poterie, ce n’est pas seulement un art. C’est aussi la culture. C’est le vécu quotidien des Batwa. C’est la propriété intellectuelle des Batwa. La poterie est un art qui doit être promu et qui peut contribuer à leur promotion et à leur développement économique. Si elle est modernisée, on peut se passer des produits en porcelaine importées de Chine ». Ces propos sont de Vital Bambanze, président l’association Unissons-nous pour la promotion des Batwa (UNIPROBA). C’était lors d’un débat qui avait pout thème  « Vivre de la poterie aujourd’hui au Burundi : le Cas des Batwa. »

Pour valoriser et sauver la poterie de l’extinction, la modernisation de cet art est impérative. Ceci constitue la base du projet d’appui à la résilience des autochtones du Burundi exécuté par l’UNIPROBA avec le financement du PNUD. 

Dans le cadre dudit projet, un centre de poterie moderne a vu le jour sur la colline Kigamba de la commune Ruyigi. Trois hangars avec des dispositifs modernes et deux fours ont été construits à Rwamvura.

Du travail pénible à la facilité 

11h30. Un jour ensoleillé du mois de décembre. A notre arrivée à Rwamvura, une réunion est en cours dans une salle du centre. Ma curiosité est aiguisée par la découverte des différents produits en argile se trouvant dans le hangar de séchage. Marmites, assiettes, casseroles, tasses, vases,… attendent le feu du four. J’avance pour admirer de près.

Dans l’atelier, des femmes malaxent infatigablement de l’argile. Sur une table, une vase a déjà pris forme dans les mains de Raïssa Shurweryimana. Bien installée, elle tourne avec son pied le dispositif de polissage. « Ces dispositifs nous facilitent énormément la tâche. Tu vois que je travaille même avec mon enfant au dos. Quand l’argile est prête, je fabrique un vase dans moins de 10 minutes », raconte-elle, sourire aux lèvres. 

A sa droite, Germaine Baranyikura modèle une casserole. « Avant, on malaxait l’argile avec des pieds. C’était très fatigant. Mais avec ces infrastructures la tâche est plus facile », ajoute-t-elle.

Une aubaine pour les autochtones

Autrefois, les femmes Batwa fabriquaient des pots en argile que l’ensemble de la société burundaise utilisait pour cuire les aliments, transporter et conserver de l’eau, etc. Mais actuellement les choses ont changé. Les pots en argile (inkono) ont peu à peu été substitués par les ustensiles en plastique ou en métal.

Comme l’indique Médiatrice Nderagakura, vice-présidente de l’association Ejo ni heza de Rwamvura, les anciennes marmites en argile ne font plus recette. Et faute de débouchés, la poterie, et donc le gagne-pain des Batwa, est menacée d’extinction. 

« Avec les nouvelles infrastructures et les formations offertes par le PNUD, nous avons élargi la gamme des produits fabriqués. Et nous espérons trouver facilement de la clientèle.» ajoute Mme Médiatrice Nderagakura avec un ton de satisfaction.

Ce centre de poterie moderne de Rwamvura constitue aussi un cadre de rencontre pour d’autres activités de développement. Deux associations d’épargne et de micro crédit ont été créées, à savoir : Ejo ni heza et Twitezimbere. « En plus de la poterie, nous pratiquons l’agriculture maraichère. Tout cela nous a aidés à couper court à  la mendicité », indique une  Médiatrice fière comme un paon. 

 

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