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Comprendre la pénurie et la flambée du prix de l’huile de palme

Les plaintes des consommateurs concernant la pénurie et la hausse du prix de l’huile de palme sont récurrentes ces derniers jours. Mais où est-ce que ça coince ? Que disent les principaux intervenants dans la production de l’huile de palme au Burundi ?

Dans sa boutique située sur la 9ème avenue de la zone Bwiza, David sert à ses clients de l’huile de palme en mesurant la quantité avec une petite boite de sauce tomate de marque Salsa. Il tient à racler une petite bouteille usagée de boisson énergisante fendue qui fait office d’entonnoir. « Il ne faut pas perde une goûte », glisse-t-il. 

Si David se montre parcimonieux, c’est que la denrée est devenue rare et donc chère. « Certains commerçants ne s’approvisionnent plus en huile de palme », fait-il savoir. Les prix auprès des grossistes ont tellement grimpé qu’il est devenu difficile de se faire des bénéfices au détail. 

Les dires de David sont confirmés par un autre commerçant de Nyakabiga. Amer, il raconte : «  Le petit bidon de 5 litres coûte actuellement 21.000 BIF contre 8.000 il y’a quelques mois. Le bidon qu’on pouvait avoir à 38.000 BIF frôle les 100.000BIF. ». Ces prix freinent les petits commerçants. « Il faut un grand capital pour espérer au moins de petites bénéfices. Sinon tu lâches l’affaire. », révèle l’un d’eux.

Le consommateur se retrouve pris dans l’étau. Mais l’huile de palme occupe une place de choix dans l’alimentation d’une bonne partie de la population du Burundi. Les autres huiles plus raffinées sont un luxe que ne s’offre pas qui veut. « Que faire ? Nous n’avons pas le choix, nous subirons jusqu’au jour où la Providence voudra que ça s’arrête », lâcheun consommateur résigné. 

Production insuffisante et monopole du Savonor à la barre des accusés.

Mais comment donc comprendre ce phénomène ? Festus Ciza, représentant légal de l’association pour la promotion des palmiculteurs du Burundi (APROPABU) pose son diagnostic. La première cause est, selon ce palmiculteurs de longue date, la saisonnalité. « Dans la vie d’un palmier à huile, il y a des mois où la production est minime et d’autres où on en tire de bonnes quantités », explique-t-il.

Mais cette saisonnalité rencontre une spécificité burundaise actuellement. « Nous sommes en pleine transition. Il y a un remplacement systématique de l’ancienne variété de palmier à huile dominante moins productive [Dura Ndlr] par une nouvelle variété [Tenera Ndlr] et quand la période de mauvaise récolte arrive dans ces circonstances, elle est accentuée. »

Ciza mentionne également une production nationale insuffisante. « Compte tenu de la demande, le Burundi doit au moins produire 100.000 tonnes d’huiles de palmes », dit-il. Et où en sommes-nous par rapport à cette statistique ? Loin, à en croire les chiffres fournis par Augustin Kabaragasa, directeur général de l’Office de l’huile de palme du Burundi : « Nous sommes loin de cet objectif. Déjà, pour l’exercice 2020-202, nous avons enregistré 28.156 tonnes. »

En plus de cette difficulté à atteindre l’optimum visé, il y a la grande partie de la production qui va à l’usine Savonor fabriquant les produits dérivés de l’huile de palme. « Cette année, le Savonor a accumulé 38,5% de la production », révèle M. Kabaragasa. La quantité pour l’huile non raffinée industriellement se retrouve amputée d’une grande part.

Pour pallier ce problème qui plonge les consommateurs dans le désarroi, d’aucuns prônent une riposte par l’augmentation de la production. « Il faut planter les palmiers partout où les conditions climatiques le permettent, parce que le Savonor…c’est de bonne guerre », tranche un palmiculteur.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Et si on arrête ces produits savonor???!!!!Un pourcentage insignifiant de population utilise l’huile de savonor d’où l’on peut le priver de produire l’huile de palme jusqu’au jour d’une bonne production.