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Le passeport, ce sésame difficile à obtenir

Chercher et obtenir à temps un passeport devient de plus en plus compliqué. Une forte affluence des demandeurs de ce document de voyage s’observe devant les bureaux du Commissariat général des migrations depuis quelques semaines. Que se passe-t-il? Ce blogueur a essayé d’en savoir plus.

Sous un soleil de plomb, des gens se regroupent à l’ombre des arbres au bord de la route de Kigobe, les yeux rivés sur le portail des bureaux du Commissariat général des migrations. Martin que nous y avons rencontré vient de passer plus de deux semaines à la recherche de son passeport. Natif de la commune Buganda en province de Cibitoke, il devait se rendre en Afrique du Sud pour une affaire familiale. Mais depuis qu’il a déposé son dossier pour l’obtention de ce document si « cher », c’est la troisième fois qu’il se pointe au bureau du Commissariat général des migrations. Et toujours la même réponse : « Il faut attendre encore une semaine »

A deux pas de lui, Natalie est avec son fils. Eux aussi attendent « patiemment » une réponse de la part de l’office des migrations. Un de ses enfants doit être transféré dans un hôpital spécialisé en France. Il lui reste encore trois semaines avant de prendre l’avion. « Avec ce retard et tout ce monde qui attend, l’espoir d’obtenir mon passeport à temps est très minime », répond-t-elle d’un air inquiet. Une attente partagée par tout ce bon monde. Le moral oscille entre impatience et frustration.

Un problème technique à l’origine de tout

Devant les bureaux du Commissariat général des migrations, un des policiers essaie de calmer les esprits. D’une voix haute, il explique à la foule d’attendre car une vingtaine de passeports va sortir. Et tout le monde prie pour être parmi ceux qui vont « enfin » avoir le précieux sésame. En aparté, un policier me confie à voix basse : « Normalement, l’Office accueillait au moins cinquante personnes par jour. Ce qui était raisonnable. Pendant cet été, c’est plus de 500 demandes qui sont en attente », témoigne-t-il. Parmi ces demandes, poursuit-il, il y a ceux qui veulent voyager, aller se faire soigner à l’étranger mais aussi d’autres qui viennent renouveler leurs passeports. Selon cet agent, c’est l’obsolescence des outils informatiques qui serait à la base de ce retard dans la délivrance des passeports. « Il y a deux grandes machines qu’on utilise pour imprimer les passeports. Maintenant, c’est une seule qui est encore fonctionnelle », murmure-t-il, avant de s’éclipser. 

On apprendra plus tard que la société Contec Global qui avait gagné le marché pour l’impression des passeports il y a dix ans n’a pas totalement honoré ses engagements. Du coup, depuis mai 2021, le gouvernement n’a pas renouvelé le contrat qui le liait à cette société. C’est donc l’Office des Migrations qui a repris en main les choses. Il opère avec le même personnel qu’avant. 

En attendant la livraison de nouveaux équipements, l’Office des Migrations fait tout son possible pour assurer un service de qualité même si sa capacité de délivrance des documents de voyage a été impactée par cette situation indépendante de sa volonté.

 

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