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Miss Burundi : malheur aux vaincues ?

Au terme de six heures d’une finale de compétition qui a tenu le public en haleine, il n’en est resté finalement que trois sur le podium de Miss Burundi (auxquelles il faut ajouter la Miss popularity). Que deviennent alors les autres? Une ancienne participante à la compétition confie ses lendemains qui déchantent…

Au début, tout semblait simple, normal. Nous étions conscientes qu’on était sur  le même pied d’égalité. Des liens d’amitié tissés, des petites blagues pour rendre agréables ces répétitions journalières ennuyantes, des lamentations en équipe, des interviews à n’en plus finir, des critiques sur les réseaux sociaux, il régnait une solidarité féminine pour relever tous les défis et s’entraider tout au long du parcours. Mais, derrière ces sourires que vous voyez sur les vidéos et les photos, se cachent une pression et une fatigue difficiles à décrire. Seules les candidates de Miss Burundi savent ce dont je parle.

L’important est de participer… 

«  Miss Burundi, avant d’être une compétition est une expérience qui va changer ta vie que tu sois élue ou pas », nous disait souvent le coach Ghislain Hakizimana. Qui aurait pu croire que cette simple phrase pouvait cacher une réalité si douloureuse ? La proclamation des gagnantes est un moment de joie, l’aboutissement de beaucoup d’efforts pour les trois heureuses élues. Et les autres? Qui se soucient des perdantes, vu que seules les trois premières restent sous le feu des projecteurs ?

Pour moi, les premiers mois après la finale sont devenus un calvaire. Je devais me justifier auprès de tous ces gens qui avaient voté pour moi et leur expliquer pour quelles raisons j’étais revenue les mains vides. Il a fallu retenir mes larmes devant ceux qui m’accusaient de n’avoir pas donné le meilleur de moi-même pour être à la hauteur. Par-dessus tout, je devais encaisser toutes sortes de moquerie du genre : « Avec ce soleil ardent de midi, si tu étais miss, tu aurais pu nous donner un lift avec ta voiture » ou « tu devrais payer pour nos votes car notre soutien n’a servi à rien. », etc.

Et dans mon coin, je me souvenais de tous ces gens qui commentaient en disant que nous avions de bons projets et qu’il fallait les réaliser. Mais comment réaliser nos projets alors qu’on ne possédait aucun titre ni soutien, vu qu’aux yeux de tous, nous étions des perdantes. 

Ce serait bien que les gens comprennent que si nous ne sommes pas élues, ce n’est pas parce qu’on est moins intelligentes et nous épargner leurs moqueries blessantes. Il faut du courage et de la confiance en soi pour se mesurer aux autres et croire en ses chances de remporter la compétition. Par ailleurs, tout le monde ne peut pas gagner. 

Il faut comprendre que malgré tout, avant d’être des candidates, nous sommes des filles ambitieuses ayant besoin de réaliser leurs projets, c’est cela qui est important. Mais qui se soucient des perdantes ?

 

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