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Gitega et le slam : petit à petit la purée d’avocat prend

Longtemps apanage de Bujumbura, le slam gagne petit à petit du terrain dans la capitale politique avec plusieurs scènes et sessions slam du collectif Empire slam. Un mouvement qui a commencé timidement grâce à la hargne d’une bande d’amis qui avaient l’amour de la poésie en commun.

Tout commence en 2013.  Des jeunes se rencontrent souvent à l’alliance franco-burundaise de Gitega. Cette institution offre un cadre d’expression de talents diversifiés de la jeunesse de Gitega. C’est alors qu’un cercle de poètes s’invite dans la danse. Ils viennent de différents établissements scolaires. 

Cet élan est ralenti par ce qui entrave plusieurs initiatives des jeunes de Gitega : des membres qui doivent partir pour Bujumbura, études supérieures obligent. L’université polytechnique n’a pas encore multiplié beaucoup de facultés pour retenir sur place les jeunes. Certains veulent d’ailleurs changer d’air, aller vivre à Bujumbura. 

Afrika Bintunumukama et Japhet Niyonkuru sont les rescapés de cette saignée. La survie de l’initiative ne repose que dans leurs mains. Ils se lancent alors dans de recherches effrénées de nouveaux membres. « Les jeunes étaient réticents. Ils n’étaient pas emballés du tout », se souvient Afrika.

L’envol

2017, au mois de mars, lors de la semaine de la francophonie un numéro slam est proposé. Conquis, les slameurs reçoivent plusieurs demandes d’adhésion. Empire slam voit le jour. Grâce à l’appui de l’Alliance franco-burundaise, les nouveaux reçoivent des ateliers d’écriture de la part des slameurs plus expérimentés de Bujumbura.

Pascal Ndayisenga, journaliste à Star FM, la seule radio locale d’alors se souvient de cette époque. Il faut souligner qu’il était le seul à produire une émission de slam à Gitega, donc une aubaine pour les néophytes. « Ce n’était pas facile, même mon directeur ne comprenait pas pourquoi il fallait une émission de slam », raconte Pascal qui se dit fier d’avoir été parmi ceux qui ont amorcé le mouvement slam dans la capitale.

La confirmation.

Fin 2018, c’est le baptême de feu, la première scène slam. Comme tous les débuts, elle n’est pas totalement une grande réussite. Un des slameurs qui y étaient nous brosse l’ambiance. « Nous étions autour de douze personnes, slameurs y compris. »

Pas de quoi décourager Empire slam. L’année suivante, la barre est même placée haut : organiser un championnat interscolaire. Pour sa réussite, les organisateurs comptent sur les clubs de Français de différentes écoles.

Lors de cette compétition, une pépite se démarque. Une certaine Chrétienne Nikuze qui  noircissait ses journaux intimes et coqueluche de son encadreur de club de Français. Elle remporte la deuxième place et profite de cette occasion pour intégrer Empire Slam. « J’avais déjà entendu le slam à la radio Star FM, je me suis alors lancée. »

Lors de la deuxième édition du championnat national de slam poésie, Gitega, à travers Chrétienne crée la sensation. La jeune fille est parmi les quatre finalistes en face des grands manitous de slam de Bujumbura. 

Ce succès individuel n’est que la confirmation de l’évidente progression de cet art oratoire à Gitega et dans son écosystème culturel. Actuellement, les slameurs sont invités dans des événements au même titre que les autres artistes. Les scènes et sessions slam attirent beaucoup plus de monde.

 

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