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La DPAE de Bururi, focus sur une exception

Dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage, les femmes ne sont que trois dans les directions provinciales. Nous avons rencontré celle de Bururi. Décomplexée et confortablement installée dans son bureau, Gloriose Niyubahwe occupe ce poste depuis 2019. Cette ingénieure-agronome de formation de 36 ans a bien de choses à dire sur la représentativité des femmes. 

Toute souriante avec sa coiffure naturelle, Gloriose semble bien calée dans son domaine. Selon ses dires, elle et l’agronomie, c’est une histoire qui date de longtemps. Ayant fait ses débuts scolaires à sa colline natale Donge-Ruzi, elle continuera ses études secondaires respectivement à Kibezi et Mweya avant de rejoindre l’université du Burundi où elle obtient une licence en sciences agronomiques. Avant d’occuper ce poste, Gloriose a d’abord été enseignante dans une école technique dans le domaine de l’agri-élevage. 

Peu nombreuses, même en agriculture ? 

La société burundaise étant un peu fermée sur la place de la femme dans les instances de prise de décisions, il y a des postes techniques où c’est rare d’y trouver une femme. « Par exemple, il n’y a que trois directrices provinciales de l’agri-élevage dans tout le pays ». Et d’ajouter que le problème est que les femmes ne sont pas nombreuses à se mettre devant sur la scène politique, c’est-à-dire surtout dans les parties politiques. « Mais cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas capables », tient-t-elle à préciser. 

Pourtant, en agriculture, elles sont les plus nombreuses à s’occuper de la houe et des champs. Pour Gloriose, c’est un paradoxe car l’agriculture est un domaine où les femmes devraient occuper les postes clés car ce sont elles qui connaissent mieux ce terrain.

Casser les stéréotypes

Grâce aux associations qui luttent pour les droits de la femme, ces dernières commencent à briser les chaines et à rejoindre petit à petit les autres dans la prise de la parole. A Bururi, elles ont déjà initié des projets de développement, et Gloriose y est pour quelque chose. « Nous nous sommes mises ensemble avec les autres femmes de premier plan pour mettre en place des projets. Cela dans le but de montrer que la femme est incontournable dans la lutte contre la pauvreté. Et le premier projet est justement orienté dans l’agriculture ». Comme le souligne cette administrative, c’est pour casser les stéréotypes comme quoi la femme est bonne à rien. Mais comment concilier les tâches professionnelles et le rôle de femme? Gloriose n’y va pas par quatre chemins : « Tout est question d’organisation. Je n’ai jamais failli à mes responsabilités familiales à cause de mon travail. Quand j’arrive au foyer je suis une mère ordinaire ».

Comme appel, Gloriose veut secouer ses congénères. Au-delà de parler toujours des droits des femmes, il faut plutôt montrer leurs capacités et compétences. « Personne ne viendra vous pousser au-devant de la scène si vous ne vous montrez pas capables. Ayez le courage et l’estime et la société vous donnera la place que vous méritez », conclut la dame.

 

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