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Détrompez-vous, la dépression n’a pas de nationalité !

Ceci est l’histoire d’une jeune fille burundaise qui souffle bientôt ses 20 bougies.  Cinquième d’une fratrie de cinq enfants et unique fille de la famille, Cynthia était la fille tant attendue, tout ce qu’il fallait à sa famille pour clore en beauté. Sauf que tout ne s’est pas bien passé et qu’elle a sombré dans la déprime…

Je suis coupable d’avoir été abusée sexuellement à maintes reprises. C’est un cousin qui habitait chez nous qui m’a fait des attouchements de toutes sortes. Comment est-ce que j’ai pu accepter cela ? J’aurais pu crier haut et fort et dire non. J’aurais dû être très vigilante et suivre ma mère partout où elle allait. Mais parfois elle était au boulot et je me retrouvais toute seule. J’aurais dû m’enfermer dans ma petite chambre et refuser de sortir. Je n’aurais pas dû accepter ses offres de bombons et biscuits. Je me sens coupable…

Je suis coupable. Comment est-ce que j’ai osé révéler à maman qu’il m’a violée ? C’est vrai j’avais essayé de me débattre en vain. La fille de 13 ans que j’étais pouvait contenir les larmes et pleurer toute seule sans entacher toute la famille. Papa et Maman ne s’entendaient pas depuis belle lurette et je le savais. Je suis coupable. Coupable de la séparation de mes parents. 

Je suis coupable. Comment ai-je accepté d’aller garder mes petits cousins en l’absence de leur maman, hospitalisée ? N’étaient-ils pas avec leur papa ? Le papa de mes cousins était un homme de bon cœur, jusqu’à ce que je débarque dans cette maison. Il m’a dit « Nje kuraba abana » en ouvrant la porte la chambre.  J’étais aussi enfant, j’aurais dû refuser. Non, mais…j’aurais dû fermer à double tour, Papa Lana* n’aurait pas pu entrer. Nous dormions tranquille mais …non je savais que je ne suis que la petite fille qui attire les violeurs. Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?

J’ai purgé ma peine

Le dernier a éveillé les vieux démons, je n’en pouvais plus. Un cousin, mon papa, et puis le mari de ma tante. Ce dernier a été un coup échoué mais ça a réveillé ma culpabilité. La sentence est prononcée, je ne vais plus à l’école. Qui sait qui sera ma prochaine victime ? Un prof, un camarade de classe ? Je ne vais plus manger ni boire. Pourquoi manger ? Je mérite la mort, d’ailleurs pas qu’une mort simple, la pendaison. Je ne veux plus me laver. Je suis déjà sale, je ne veux plus exhiber une propreté extérieure avec cet intérieur souillé. Je suis à l’agonie. Je pleure du matin au soir, je suis enfermée dans ma petite chambre. Jusqu’à ce qu’un ange me tire de ma cellule infernale…

Sauvée par la grâce

Cloitrée dans ma chambre qui était devenue ma prison, ma mère, un ange gardien, me surprend et me tire du gouffre sans attendre mon accord. Des séances de thérapies en ne pas en finir et ouf, je suis de retour sur terre. Je suis parmi les vivants.  

Note de l’auteure

Malheureusement, le calvaire de Cynthia n’est pas un cas isolé. La dépression est l’une des formes de troubles mentales les plus fréquents qui abiment la vie de beaucoup de gens. Si Cynthia a eu la chance d’avoir une maman qui accepte de consulter un psychologue, ils sont encore nombreux à en mourir à petit feu. La question est plus que taboue et parmi les non-dits, la honte. D’ailleurs, on connait tous l’expression « Kwicwa n’akabonge », le dernier vœu qu’un Burundais souhaiterait à son ennemi.

La dépression (ou trouble dépressif) est une maladie psychique fréquente. La personne souffrant de la dépression présente des troubles de l’humeur tels que la tristesse, l’irritabilité, le ralentissement psychomoteur, les idées de culpabilité et autres. Ces signes sont fréquemment accompagnés par des signes physiques. Cela perturbe fortement sa vie quotidienne. La dépression peut survenir à tout âge. De nombreux facteurs psychologiques, biologiques et environnementaux peuvent en être les causes.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. C’est extrêmement dommage de se retrouver dans telle situation à bas âge mais je m’interroge à qui incomberait la faute ?quelle serait la voie de sortie ? Quelle est la leçon pour les jeunes filles en vue de préserver les générations futures et utiles ?

  2. Bel article mais qui manque la sauce. On dirait qu’il manque des arguments alors qu’il avait de potentiel pour être trop émouvant avec ces faits. Ça n’attire pas à le relire pour la seconde fois. Merci quand mm on comprend l’essentiel.. La fille a du rencontrer de sacrés problèmes et c’est quelque chose qui arrive à d’innombrables personnes sauf qu’il y a que peut d’entre eux qui peuvent le dire.