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Bururi : la protection de la nature, un gagne-pain pour la communauté des Batwa

Il y a une décennie, la forêt naturelle de Bururi, un des joyaux de la faune et de la flore de la région de Bututsi était la proie des braconniers et des coupeurs d’arbres. Depuis 2017, des familles autochtones vivant dans cette réserve ont changé le fusil d’épaule, devenant ainsi ses protecteurs. Et ce rôle leur a permis de se sortir de la précarité et d’améliorer leurs conditions de vie. Comment ? Découvrez-le à travers la plume de ce blogueur. 

A une cinquantaine de mètres du chef-lieu de la commune Bururi, une petite route en terre battue mène au bureau de l’office chargé de la protection de la forêt naturelle de Bururi. L’ambiance est plutôt mouvementée. Un homme est entouré par un groupe de gens en grande partie composé de femmes et de jeunes filles. Ce sont des familles issues de l’ethnie twa venues percevoir leurs salaires. L’homme au centre de la discussion n’est autre que le responsable de la réserve forestière de Bururi. Il tente d’apaiser les esprits, vu que la somme tant attendue venait de passer plus d’un mois sans parvenir aux bénéficiaires.

Deux ans de projet, 19 millions Fbu épargnés, 3 ha de terrain acquis 

Comme l’indique Jérôme Nishishikare, conservateur responsable de la réserve naturelle, pour comprendre le dur labeur de ces familles, il faut remonter dans les années 2016. « C’est le projet PADZOC qui a permis à ces familles de quitter la forêt pour une vie sédentaire. Une tâche qui n’a pas été facile au départ », indique-t-il. Les Batwa de la colline Kiganda étaient très misérables comparativement aux autres groupements. « On leur a donné un travail pour préserver la nature (traçage et entretien des pistes dans la forêt) moyennant une somme de 4.000 Fbu par jour, mais ils devaient épargner 1.500 FBu sur cette somme », poursuit-il. Après deux ans, c’est près de dix-neuf millions de FBu que ces familles ont épargné. Un montant qui leur a permis par la suite d’avoir un terrain de trois hectares sur la colline Kiganda où ils ont construit leur village.

Ces travaux, les bénéficiaires les apprécient évidemment. Joselyne Nsabimana, sourire au coin des lèvres, parle de sa situation actuelle. « Propre, autonome et fière », relate-t-elle. Et d’ajouter que maintenant elle côtoie la civilisation et qu’elle peut se maquiller comme les autres filles d’autres ethnies. « Quand je vais au chef-lieu de la commune, il est difficile de m’identifier comme issue de la communauté batwa », témoigne-t-elle entre deux éclats de rire.

Quant à Concilie Kankindi, mère de six enfants et grand-mère de deux petits-fils, « avoir un toit décent et un revenu pour couvrir les besoins primaires, c’est le plus important pour son bien-être ».

Un village né de la protection de la nature

Derrière les collines surplombant la forêt naturelle de Bururi, le petit village d’une trentaine de maisons attire le regard. Des maisons identiques, coloriées par des écrits, à peine lisibles, glorifient Dieu. A notre arrivée, les enfants sont nombreux. A côté, deux femmes. « Les autres adultes sont partis percevoir leur paye à Bururi », fait savoir une maman avec un nourrisson dans les bras.  

Près des maisons, ces familles ont défriché les terres pour y faire pousser des cultures. Comme nous l’a indiqué le responsable de la réserve naturelle, il y a un autre projet d’extension du terrain et l’octroi du bétail à ces familles pour plus d’autonomie.

Au niveau de l’administration provinciale, on reconnaît que les travaux rémunérés ont permis aux communautés batwa d’avoir un toit et une vie décente. « 90% des Batwa de la commune Bururi vivent dans des villages communautaires », affirme Juvent Ndayikeza, chef de cabinet du gouverneur de Bururi. Cela étant dit, il va sans dire que l’encadrement de ces communautés doit être conséquent, car à côté de cette vie sédentaire qu’elles ont adoptée, leurs enfants doivent aller à l’école.

 

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