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Burundi, sale temps pour les corrompus

Par les temps qui courent, sur base de certaines actions, les Burundais sont nombreux à saluer un vent nouveau qui souffle dans la lutte contre la corruption et les malversations économiques. Quelle analyse faut-il en faire et surtout quelles conditions pour que cette lutte paye et dure dans le temps ? Opinion.

Vent débout contre le fléau de la corruption et des malversations. Cette phrase peut bien résumer l’action que mène le numéro un burundais et son ministre de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique. Le duo, depuis un petit moment, mène la guerre aux corrompus et mauvais gestionnaires de la chose publique. Limogeage par décret, dénonciation publique et destitution collective sont désormais les maitres mots que l’on entend ces derniers jours. 

En témoigne la  destitution de l’ancien directeur de l’agence routière et celle du directeur du budget au ministère des finances. À l’époque, les réseaux sociaux, non  sans  saluer  la décision, avaient largement diffusé l’information. La révocation par décret présidentiel, c’est tout sauf anodin et cela ne pouvait être noyé dans les faits divers sur les réseaux sociaux.

Sans oublier, la récente destitution de tous les comptables communaux qui, à l’issue d’un « mois témoin» de collecte des impôts et taxes communales, ont été collectivement accusés d’avoir handicapé la collecte de ces recettes en complicité avec les anciens percepteurs précédemment démis de  leur  fonction. Autant d’exemples qui font preuve d’une lutte anti-corruption en mode « high speed ».

Pratique du pouvoir verticale 

Plusieurs chefs d’État ambitionnent des actions qui démontrent telle ou telle autre pratique du pouvoir. Dans la région et ailleurs dans le monde, ils sont plusieurs à vouloir asseoir leur « marque». Cela se fait souvent dans des rencontres sur terrain des dirigeants pour rendre compte à leurs administrés. Dans pareilles situations, les dignitaires sont directement dans le viseur et par ricochet, le citoyen lambda se fait son opinion sur le « leader idéal ». Toutefois, dans un pays parmi les plus corrompus selon les classements internationaux, toute cette gymnastique ne serait que vaine et publicitaire si l’on ne s’attaque pas aux racines même du mal. 

Prudence 

Certes, cette chasse aux corrompus et aux malversations économiques est jusque-là saluée, du moins par l’opinion dans différents groupes de discussions. Ces réactions sont ce qu’il y a de plus normal, avons-nous envie de dire. D’ailleurs, la chasse dont nous parlons peut être controversée, mais avouons tout de même qu’ils ont le mérite de revenir sur une pratique qui a pignon sur rue, les faits et les actions menées actuellement ne nous contredisent pas. 

Cependant, et c’est là où le pouvoir ferait bien d’être prudent, ce combat doit se faire dans le strict respect de la loi. Si non, l’Etat se retrouverait en train d’en payer les pots cassés si certains étaient injustement accusés et portaient plainte pour être rétablis dans leurs droits. Le dommage serait énorme. C’est dire combien la lecture de la loi dans ce genre de situation est plus qu’une nécessité. 

L’ambition de Reta nkozi, Reta mvyeyi est un pari gagnable. Mais pour remporter cette bataille, il faut mettre toutes les chances de son côté. La bonne intention est là, nous semble-t-il. Joindre la parole à l’acte, voilà ce que les gens ont apprécié dans les actes qui ont été posés récemment dans la lutte contre la corruption. Pourvu que ça dure.

 

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