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Bujumbura et ses feux tricolores : et la lumière ne fut pas !

Bientôt quatre ans que les feux de signalisation ont été installés sur quelques axes du centre-ville. Constat : là où ils sont encore debout, ces signaux lumineux qui devraient réguler la circulation brillent souvent par leur obscurité. 

Un petit retour dans le passé. Octobre 2017, synohyndro, une société chinoise remet officiellement un don de feux tricolores à la mairie de Bujumbura. Satisfaction et ouf de soulagement pour les usagers de la route. La circulation devient fluide, le respect de ces signalisations aidant. Au total, ce sont 18 intersections ou carrefours qui ont été dotés de ces feux tricolores. 4 ans après, il est rare que ces derniers fonctionnent partout en ville. 

Un petit tour fait hâtivement en ville a été très instructif. La situation est telle que dans certains coins, il n’y a plus aucun signe de ces feux de signalisation. Du boulevard de l’Uprona à celui du peuple Murundi en passant par la chaussée du prince Louis Rwagasore et le boulevard Melchior Ndadaye (pour ne citer que ceux-là), les chauffeurs manœuvrent agilement pour se frayer un passage, les feux tricolores étant déjà morts de leur belle mort. Les policiers tentent de réguler la circulation tant bien que mal, tellement les véhicules sont nombreux. Seuls les feux tout près de l’arrêt bus en face de l’ancien marché semblent tenir bon. 

Les coupures du courant électrique, source de tous les maux

Comme nous l’indique l’un des agents de la police de roulage rencontré à la jonction du boulevard de l’Uprona et celui du peuple Murundi, les feux tricolores fonctionnent en grande partie grâce au courant de la Regideso. Mais force est de constater qu’il y a aussi des panneaux solaires sur ces poteaux. Selon son témoignage, ces plaques emmagasinent l’énergie pour une durée de 6 heures. « Après 6 heures sans courant électrique, la batterie tombe à plat et ne peut plus faire fonctionner les feux de signalisation. S’ensuit la désactivation du système de synchronisation et de programmation dans les boîtes de commande », signale-t-il. Difficile de comprendre comment ces signaux lumineux cessent de fonctionner à cause du courant électrique malgré cette double alimentation.

Quid des cogneurs-payeurs ?

Comme nous l’avons constaté, plus d’une dizaine des poteaux de ces signaux ont été endommagés et ils n’ont pas été remplacés. Pourtant au moment de leur installation, des mesures rigoureuses avaient été prises pour les protéger. Il avait été dit que celui qui cognera ces feux devait assurer leur réparation et ou verra son véhicule saisi. Renovat Sindayihebura, administrateur de la commune Mukaza déplore que «  beaucoup de ces cogneurs échappent chaque fois à la vigilance de la police et regrette que même les citadins ne coopèrent pas en dénonçant ceux qui commettent ces actes »

Toutefois, cet administratif indique que des études sont en cours pour remplacer les poteaux cognés dans les brefs délais. En outre, les dossiers de ceux qui ont été attrapés sont devant les juridictions dans le but de payer les dommages causés. 

Malgré ces dysfonctionnements, la police spéciale de roulage et de la sécurité routière appelle les usagers de la route où ces feux tricolores sont implantés et encore fonctionnels de continuer à les respecter. Elle fait savoir que depuis que ces signaux lumineux sont là, les accidents ont sensiblement diminué sur les intersections des routes, passant de 72% de cas auparavant à moins de 60% actuellement. 

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Il faut arrêter avec ces dons et essayer de nous procurer de ce qui est utile dans la vie de tous les jours comme ces feux tricolores.En effet,si un bien vient du fisc de l’État plus ce dernier sera plus protéger mais si ça vient du donnateur les gens gardent dans leur esprit qu’il va encore donner.Et par ailleurs, on sait bien que le don n’existe tout est payant d’une manière ou d’une autre; alors vaut mieux avoir en sachant qu’on a payé le coût.Pour bien voir ce que je dis il faut aussi voir l’état de tout ce qui a été donné à l’Etat que ce soit en matière mobilière ou immobilière.Mieux vaut une dette qu’un don.