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Le blues des anciens percepteurs des cotisations sur les parkings

Depuis le début du mois de mars, les associations des transporteurs ne peuvent plus collecter les cotisations sur les parkings de la Mairie de Bujumbura. Les anciens agents de collecte font grise mine car ils n’ont plus d’emploi et leurs familles en souffrent. Ils font appel à « RetaMvyeyi » pour leur venir en aide.

« Je suis désœuvré. J’ai perdu mon emploi. Ma famille mange une fois par jour. Je ne paie plus le loyer », se lamente James, ancien percepteur pour compte de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU). Mine refrogné, ce jeune homme ne sait plus à quel saint se vouer. Depuis la décision du ministère de l’Intérieur d’interdire la collecte des cotisations par les associations des transporteurs, sa vie est devenue compliquée. Il fait savoir que depuis 2013, sa famille vivait grâce à ce travail. « Il est impossible de prendre en charge une famille de 6 personnes à Bujumbura si tu n’as pas de revenus », se plaint-il.

Le calvaire des collecteurs

Remonté, James, un démobilisé, confie qu’il a travaillé pendant 7 ans sans contrat. Raison pour laquelle, il ne peut pas réclamer des dédommagements ou des indemnités à celui qui l’employait. « Notre salut viendra de « RetaMvyeyi ». S’il le veut, il peut nous rétablir dans nos droits. »

James n’est pas le seul à avoir perdu son boulot. Plusieurs collecteurs vivent la même situation. Ils ont des familles à prendre en charge. Ces percepteurs travaillaient pour le compte des associations agréées. Ces dernières affirment qu’elles n’ont pas violé le code du travail. 

Ce qui est sûr est que ces associations collectaient des sommes importantes. Un bus de transport en commun en Mairie de  Bujumbura cotisait 7 400 BIF par jour. Selon James, au moins 190 bus effectuent le transport de personne en Mairie de Bujumbura. Ces associations ont encaissé 1 444 000 BIF par jour. Les cotisations mensuelles sont estimées à 43 320 000 BIF par mois, soit un pactole de 519 840 000 BIF par an. 

Le mea-culpa ne suffit pas…

La décision du ministre en charge de la Sécurité et du Développement Communautaire d’interdire la collecte des cotisations par les associations des transporteurs est salutaire. Récemment, au nom du gouvernement, Gervais Ndirakobuca, ministre de l’Intérieur a demandé pardon à la population victime de ces cotisations illégales. Un mea culpa qui soulage les transporteurs victimes de cette collecte illégale.

Mais les transporteurs ne sont pas les seules victimes de cette arnaque. Les percepteurs des cotisations ont été bernés. Ces derniers ont travaillé sans contrat de travail. Pour le moment, leurs familles sont dans la désolation. Ils devraient être dédommagés ou être réinsérés dans d’autres secteurs d’activités, parce qu’ils ont des familles à faire vivre. Les associations qui les employaient devraient être mises à contribution pour trouver une solution au problème de leurs anciens employés qui se sont retrouvés du jour au lendemain au chômage. D’autant plus qu’elles collectaient des sommes d’argent importantes chaque année. Contacté au téléphone pour se prononcer sur ce sujet, le président de l’ATRABU n’a pas donné suite à notre requête.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Ce qui se passe au Burundi est absolument ahurissant! Voilà des gens qui, pendant des années, ont ramassé en toute illégalité, les sommes folles mentionnées dans cet article, et n’ont, en contrepartie, apporté aucun soutien à ceux qu’ils ont racketté, et voilà! Maintenant que le ministre de l’intérieur décide de siffler la fin de la récréation, les mêmes
    individus crient famine et demandent qu’on les plaigne, que Reta mvyeyi les prenne en charge! C’est le monde à l’envers! Qu’ont-ils fait des sommes folles qu’ils ont ramassées pendant des années en grugeant leurs membres à qui ils promettaient soutien et accompagnement sans rien faire? Le parasitisme social a encore de beaux jours devant lui! Ils devraient plutôt comparaître devant la justice et répondre de leurs actes, point final!

  2. Demander pardon est bien , mais pourquoi ne pas aller plus et confisquer la trésorerie de ces dites « associations des transporteurs » au niveau du montant annuelle qu’elles percevaient et rembourser ces transporteurs floués…

  3. 1. James, ancien percepteur pour compte de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) se lamente:
    « Notre salut viendra de « RetaMvyeyi ». S’il le veut, il peut nous rétablir dans nos droits. »
    2. Récemment, au nom du gouvernement, Gervais Ndirakobuca, ministre de l’Intérieur a demandé pardon à la population victime de ces cotisations illégales. Un mea culpa qui soulage les transporteurs victimes de cette collecte illégale.
    Mon commentaire:
    Moi je ne vois pas quels droits que ce percepteur va reclamer aupres de « Reta Mvyeyi » qui considere que son travail de collecte etait une arnaque.
    Peut-etre qu’il a de la chance que l’Etat burundais n’est pas alle plus loin pour voir s’il n’aurait detourne une partie de ces collectes (comme le cas recent des percepteurs d’impots dans les marches).