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Amstel Bock : de sempiternelles spéculations

Après une longue période de disette, la très célèbre Amstel Bock (la brune pour les intimes) a signé son retour triomphant. On se souvient encore des statuts inondés de photos et vidéos postées par les amateurs de cette bière brune à sa réapparition. Une joie de très courte durée, car si «la brune» s’est laissée désirée, elle nous est revenue très chère. Elle coûte carrément les yeux de la tête dans certains bistrots de la capitale économique.

« Sois toi-même, bois bock ! », un slogan, un cri de ralliement, une injonction à laquelle malheureusement, il est devenue difficile de répondre. Les consommateurs de la sainte mousse la prennent à contrecœur ces derniers jours. Depuis que cette petite bière a refait surface après un long moment d’absence, c’est 1.700 ou 2.500 Fbu qu’on doit débourser pour sentir sa douce saveur nous rafraichir le gosier. Et ce prix varie selon les endroits. A Nyakabiga, même dans une simple boutique (ku kadirisha), on la déguste à 2.500 Fbu et il n’est pas sûr d’en trouver à tous les coins de rue. La situation est la même dans certains bistrots visités à Ngagara. 

Que des lamentations…

Les amateurs de la dive bouteille le savent bien, la bock vient toujours accompagnée de sa jumelle. Ce qui fait, après un simple calcul, qu’une tournée de bocks pour une seule personne revient à 5.000 FBu. La larme presque à l’œil, un consommateur rencontré dans un bar de Ngagara, devant une bock sérieusement entamée nous dira entre deux hoquets : « Bock est devenue plus chère qu’un Amstel 65cl. On se chamaille toujours avec les serveurs. Ils nous disent que ce n’est pas de leur faute si le prix est exorbitant ».

Derrière cette différence de prix par rapport au prix normalement fixé (qui est de 1.300 FBu, peu de gens s’en rappellent encore) se cache une spéculation flagrante. Les tenanciers des bars accusent les fournisseurs qu’ils leur livrent à un prix élevé. D’autres font savoir qu’il leur est difficile d’en trouver et qu’ils sont obligés de payer des frais supplémentaires pour se ravitailler, car ils font de long parcours à la recherche de « la rouquine »

Que font les services habilités ? 

Pierre Nduwayo, président de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) tire la sonnette d’alarme. « Ça fait plus d’une année que nous demandons au ministère de commerce et à la Brarudi de s’asseoir ensemble pour trouver une solution à cette question. Les consommateurs sont laissés pour compte et continuent de se faire arnaquer », confie-t-il. Pour lui, il est impensable qu’un tel désordre perdure dans le commerce alors que ceux qui sont chargés de faire respecter la loi sont là. Il déplore la mauvaise communication de la Brarudi. Elle assiste silencieusement à la hausse illégale de ses produits. «La Brarudi est certes au courant de ces spéculations. Ses délégués commerciaux passent presque quotidiennement dans ces bistrots qui ne respectent pas les prix fixés ». Et de soupçonner  une possible  implication des agents de cette entreprise dans cette spéculation. 

« Nous voyons l’Etat combattre la spéculation sur le ciment, pourquoi pas celle des produits de la Brarudi alors qu’il est un grand actionnaire dans cette société ? », s’interroge-t-il. Mais pourquoi les services habilités pour réglementer les prix ne pipent mot sur cette affaire ? Au niveau de la Brarudi, c’est  silence radio.

Face à ce silence, les consommateurs se demandent quand la Brarudi va se lever pour trancher sur le prix de ses produits. Les lamentations de ses clients ne lui parviennent-elles pas ? Pourquoi ne communique-t-elle pas sur la vraie cause de cette spéculation ? Des questions qui restent sans réponses. Pendant ce temps, les consommateurs continuent de se faire plumer chaque fois qu’ils avalent une goûte du précieux breuvage. 

Brarudi, « Sois-toi-même », ramène notre bock. A moins cher !

 

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