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#ThePoliticianWeWant : à Songa, l’espoir est permis

La commune de Songa est l’une des six communes de la province de Bururi qui se situe au sud du Burundi. Elle est limitée au nord par la commune Matana, au sud par Bururi, à l’est par Rutovu, à l’ouest par Buyengero et quelques petites parties touchent sur Ryansoro et Mugamba.

Ce jour-là, je viens de Matana pour me rendre à Bururi en passant par Songa. Cette unique route, qui sépare ces communes, est en terre battue. Sur le chemin, on rencontre les véhicules d’une entreprise d’un groupe italo-égyptien qui construit la Centrale hydroélectrique sur les rivières Jiji et Murembwe. À l’entrée de la commune Songa, on prend la route vers le bureau principal de la commune construit il y a deux ans dans la zone Ruvumvu. La télévision numérique Startimes, une entreprise chinoise y est déjà. Tout près, il y a un centre de santé nommé Ruvumvu, c’est notre premier arrêt. Un centre de santé « amis des jeunes » presque tout neuf, de moins de trois ans. À l’intérieur, dans la salle d’accueil, les malades, leurs gardes et quelques infirmiers ont tous les yeux sont braqués sur l’écran numérique de 27 pouces qui diffuse les télénovelas de Startimes. 

Juste après notre arrivée, Thierry, un jeune homme de 23 ans, accompagné par ses deux parents, vient se faire soigner. Visiblement, très souffrant, il nous explique qu’il vient de parcourir 4 km à pieds, depuis sa colline Musivya pour arriver au centre de santé. « Se déplacer est un problème chez nous, il y a même ceux qui meurent en cours de route vers hôpital. ». Ce que confirment aussi certains des infirmiers de ce CDS. Claude*, un aide-infirmier de 33 ans raconte : « Dans toute la commune, il y a 7 centres de santé, mais à cause des montagnes,  il arrive que les patients aient des difficultés à y arriver. Mais aussi des fois, ce sont des cas qui sont hors de nos qualifications, nécessitant d’être envoyés dans un hôpital de référence à Bururi ou à Matana. Dans ce cas, on a besoin d’une ambulance. Les nouveaux dirigeants devraient nous aider à améliorer la gestion et la qualité des soins de santé. Nous avons besoin d’équipements médicaux, des ambulances, etc.».

La malnutrition, l’autre fléau  

On monte à bord de notre voiture avec Thierry le malade et Claude* l’infirmier car on prend la même route. Notre direction, c’est d’atteindre Songa-Manyoni, l’ancien chef-lieu de la commune. Il est 16h30, les gens regagnent leurs domiciles, notamment ceux qui habitent loin de la colline Ruvumvu. Sur notre chemin, on rencontre Eric*, un enseignant de 28 ans, il fait partie de la direction communale de l’enseignement de la commune Songa. « Dans toute cette commune, il y a 58 écoles fondamentales et post fondamentales mais l’an 2018-2019 plus de 250 élèves ont quitté l’école et la plupart sont de la zone Muheka, ils ont abandonné à cause de la malnutrition », dit-il. 

Selon cet enseignant, cette malnutrition est le fait que la plupart de la population de cette commune ne se nourrit exclusivement que de pâte de manioc et des feuilles de la même plante qui est très pauvre en éléments nutritifs. « À long terme, les maladies causées par la malnutrition surviennent et des élèves abandonnent l’école comme on l’a remarqué l’an 2018. ». Il ajoute en outre qu’il y a un projet de l’Église anglicane qui tente d’aider un peu dans la lutte contre la pauvreté et la malnutrition dans cette zone de Muheka, mais pour lui, le nouveau dirigeant devrait trouver des agronomes qualifiés pour aider les populations à mieux exploiter les terres cultivables et à les rendre plus fertiles.

L’électricité, une lueur d’espoir…

Avant d’aller à Manyoni, on se rend d’abord dans la zone Muheka. Il y a quelques mois, on a démarré la construction d’une centrale hydroélectrique, sur deux rivières qui traversent la commune, Jiji et Murembwe. La production électrique qui proviendra dans ces barrages sera au total 49,5 MW. « Environ 40 maisons, une école et une église ont été construites sur le long de la route qui mène au barrage. Également, 1600 ménages ont été indemnisés », rapporte fièrement un des ingénieurs superviseurs de ce chantier.

Tout près de sa nouvelle maison de trois chambres avec des briques cuites et des tôles en zinc, Claver, habitant de la zone Muheka, père de trois enfants, dans sa quarantaine, se réjouit : « Avant la venue de cette entreprise, on vivait dans des maisons en brique adobe et avec des tuiles, tout en mauvais état. Le nouveau leader pourrait construire des villages bien organisés avec des caractéristiques urbains dont l’eau et l’électricité. En tous cas, le changement ici est évident et remarquable. Que les nouveaux dirigeants embrassent les pas déjà entrepris. »

Serges Vyisinubusa alias Vyisi, le role model de Songa

À 4 km de Ruvumvu, Claude descend à l’église catholique de la paroisse Rumeza, construite en 1935 sous la colonisation des Belges au Burundi. Au bout de 10 min du trajet, on arrive sur Songa Manyoni. « L’appellation de la commune vient du nom d’une grande colline appelée aussi Songa et le mot Manyoni vient du fait qu’à l’époque, il y avait beaucoup de voleurs dans cette localité qu’on appelait abanyoni », explique un octogénaire natif de cet endroit. 

Eric poursuit : « Les dirigeants peuvent prendre un exemple sur un certain Serges, l’icône de Songa ». Ici, tout le monde connaît « Vyisi », même un enfant qui trimbale un bidon d’eau de 20 litres sur la tête puisé à 300 mètres dans une source en bas de la montagne Songa, me parle avec espoir qu’un jour, il sera comme « Vyisi ». « Sur ce centre de négoce, presque toutes les maisons appartiennent à Vyisinubusa. Il a une centrale hydroélectrique propre à lui qui alimente cette localité, des maisons qui sont louées par la poste, des boutiquiers, tailleurs, bars,… », confie un de ces locataires. 

Au coucher du soleil, vers 18h30, nous sommes allés dans le lieu appelé « kwa Patiri ». Magnifique, une cultivatrice et Perpétue, la responsable du bar et Chantal, sont déjà attablées autour d’un verre. La première chose qu’elles nous disent est nous ne ressemblons pas aux gens de la localité. « Si nous avions des hôtels, les visiteurs pourraient séjourner quelques jours ici, mais malheureusement, les gens ne font que passer suite au manque d’hôtel. », regrette l’une des trois copinesUne situation qui, selon Chantal, sera vite résolue car « Vyisinubusa est entrain d’en construire un ! »

Joviales, elles nous disent que chez elles, il n’y a pas la différence ethnique, le hutu, le tutsi, et le twa sont tous les mêmes, et qu’ils partagent tout. Même Chantal et Magnifique partagent la bière souvent le soir après les travaux champêtres malgré leur différence ethnique. Pour elles : « Un bon dirigeant est celui qui unit les gens pour que le pays aie la paix et le développement. » 

La nuit tombe, je n’aurais pas l’occasion d’aller visiter cette prestigieuse école technique secondaire Saint-Joseph de Kiryama, l’une des écoles techniques secondaires les mieux classées dans tout le pays. 

Selon le recensement général de la population de 2008, la commune avait 51.831 habitants dont 48,9 % d’hommes et 51,1% de femmes vivant sur une superficie de 232 km² avec une densité avoisinant à 223.4hab/km². Administrativement, la commune est repartie en 5 zones dont : Muheka, Kiryama, Ruvumvu, Ndago et Songa, établies sur 17 collines. En grande partie, la population vit de l’agriculture et l’élevage. 

 

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Les commentaires récents (2)

  1. En tant qu’originaire de la commune analysée, en tant qu’Historien je viens de lire et relire toutes ces informations données concernant cette commune, c’est la pure réalité.Pour ce il faut que les nouveaux dirigeants soient aidés si c’est nécessaire afin que la commune soit développée.

  2. Comme je suis natif de la commune songa j’ai parcourue ce message et j’ai compris c’est la pure réalité notre à besoin des dirigeants qui peuvent innover toute domaines ,nous savons que notre commune est rentable côté agricole et élevage mais je ne comprend pourquoi notre chefs ne fournissent pas d’efforts pour lever les beautés de chez nous.