article comment count is: 5

#ThePoliticianWeWant : Matana ou le berceau de la royauté burundaise

La commune Matana est dans la province Bururi. Le site dit « Kwa Nsoro » se trouve sur la colline Gashinyira de cette commune. Il est d’ailleurs reconnu, dit-on, par l’UNESCO, comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité parce que berceau de la royauté burundaise. Bienvenue dans une commune historique qui attend beaucoup du futur dirigeant.

Nsoro était le chef de la région dite Bugaranzura, l’actuelle Bututsi dont Matana faisait partie. Il vivait à Gashinyira sur le lieu du site. Son frère Jabwe, lui, dirigeait la région de Gicumbi qui couvrait Burambi, Songa, Kivumu et le lieu-dit « Kw’Ijuru » dans la commune Mugamba où il vivait. Jabwe et Nsoro étaient les fils de Ntwero. Il se dit qu’un jour, au retour d’une chasse, Jabwe se serait réfugié, pour échapper à un orage, dans un enclos de Gashinyira à Matana qui relevait de Nsoro. Il profita alors pour faire union avec la femme de Nsoro, union de laquelle naîtra un enfant qui sera le futur Ntare Rushatsi.

En arrivant sur ce site situé donc en commune Matana, on est accueilli par une clôture empêchant d’y accéder. En fait, le site a été consumé par un feu en 2016 et n’a pas encore été reconstruit. Avant, il y avait six maisons en huttes qui témoignaient de la vie royale d’antan. Heureusement, il y a sur place des preuves matérielles de l’existence de la royauté. C’est notamment des arbres dits « Ibigabiro » s’y trouvant mais aussi l’endroit où on jouait l’ « Urubugu » ou « Ikibuguzo » (tric trac) qui, lui, se trouve à 100 mètres avant d’arriver sur le site, en bas des locaux de l’École primaire Gashinyira.

Eric, 27 ans, est né et habite Gashinyira. Il est cultivateur. Voir des gens qui viennent visiter ce site hautement symbolique de l’histoire du pays mais qui repartent comme ils sont venus, parce qu’un incendie très probablement criminel a consumé l’endroit, l’attriste fortement. C’est la raison pour laquelle pour lui « un politicien idéal serait celui qui assurerait d’abord la sécurité du pays et de la population, qui lutterait contre tout ce qui pourrait conduire à une guerre et  qui mettrait en avant les travaux de développement ». Quant à un opposant idéal, le jeune homme dit ne pas avoir de préférence particulière, « pourvu qu’il n’y ait pas de guerre et que chacun puisse vaquer à ses fonctions sans problèmes ».

Une commune anglicane

La première mission anglicane au Burundi a été installée à Matana, on est en 1935. La commune faisait alors partie de la chefferie appelée Bututsi-Buzibira, Matana n’est devenue commune qu’après l’indépendance du pays. 

Le diocèse Saint-Pierre de Matana se trouve à gauche de la RN7, à un peu plus de 100 mètres après le PK87 sur cette route Musaga-Jenda-Mugamba-Matana-Rutana. En face de l’église, de l’autre côté de la rue, se trouve l’hôpital de Matana, construit également dans les années 1930.

En effet, les missionnaires avaient trois missions principales : la bonne nouvelle donc l’église, la médecine à travers la construction de  l’hôpital et la science avec le Lycée Matana qui se trouve derrière l’hôpital. Ces trois endroits sont tous sous convention anglicane. Claudine, 22 ans, affirme qu’en plus d’être un fervent croyant, car tout pouvoir vient de Dieu, « tout politicien idéal est celui qui n’oublie pas le bas peuple quand il arrive au pouvoir  et qui s’en remet à Dieu pour l’aider car justement tout pouvoir vient de Dieu».

Un centre commercial devenu centre de négoce

En continuant le trajet sur la même RN7 en direction de Rutovu, à  peu près 1 Km de l’Église anglicane, on arrive au centre Matana. Le marché se trouve du côté gauche. Ayant la vocation de devenir un centre commercial dans les années trente, il a par la suite été réduit à un centre de négoce. Thaddée, 29 ans, est enseignant. Rencontré au centre Matana, il dit qu’ « un politicien idéal serait celui avec un réel programme de développement pour le pays et cela dans tous les secteurs (enfants, jeunes, adultes…). Pour ce, il devrait s’entourer des intellectuels et autres experts du pays pour l’aider à y arriver ». Quant à un opposant idéal, « celui qui, non seulement parlerait de ses projets pour le pays mais aussi ferait quelque chose dans la communauté  ».

Matana c’est aussi le lycée d’excellence construit à Gitandu, tout près de la commune. C’est également le site de Kidimbagu où l’ONATOUR extrait les tourbes. Pour s’y rendre on passe par la ramification gauche sur la RN7 au niveau de la paroisse Butwe, connu pour abriter beaucoup de gens du clan des « Bahinda », parce que dans l’histoire, la guerre « Shingwe-Hinda » qui opposait les Bahinda aux Bashingwe aurait poussé ces derniers à se disperser dans d’autres régions du pays. 

  • Matana : une des 6 communes de la province Bururi
  • Superficie de 207,40 km2
  • La commune de Matana est subdivisée en 3 zones administratives, subdivisées à leur tour en 13 collines
  • Elle est frontalière de Mugamba à l’Ouest, au Sud Songa; toutes 2 de la province Bururi. Au Nord et à l’Est, Matana fait frontière avec Ryansoro de la province Gitega et au Nord-Ouest par Bisoro de la province Mwaro. 
  • Population estimée à environ 42.777 habitants en octobre 2011

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (5)

  1. Ntare 1 Rushatsi Cambarantama dont vous dites être originaire de Matana n’est pas Ntare Rushatsi Cambarantama dont l’histoire parle. Celui-ci serait originaire de Buha, Tanganyika où même on a les mêmesi dynasties des Batare.

  2. La tradition ne dit pas que Ntare Rushatsi était originaire du Buha mais qu’il y a vécu chez une tante qui y était mariée et qu’il est revenu au Burundi pour devenir roi.

    1. Quoi qu’il en soit, Ntare Rushatsi (de Rutare rw’ibuye (roc) car trappu et de petite taille, Rushatsi de sa chevelure touffue au moment de son intronisation) et du clan/famille des Bahanza, est le 1er roi unificateur du Burundi et personne ne démontre pourquoi on a dû aller l’amener du Kumoso ou Buha.

  3. Je suis aussi natif de cette belle commune ,je déplore le fait que le site de Gashinyira semble être oublié. il faut que le passé soit conservée