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#ThePoliticianWeWant : À Gishubi, « il faut penser à panser ses plaies »

Cette commune essaie de panser ses plaies avec l’espoir. Dans une atmosphère de méfiance où les idées reçues ont pignon sur rue, certains veulent voir le futur en mieux. 

Le bar Kubumvakare fait figure de lieu de rencontre de prédilection des militants du CNDD-FDD de Gishubi. C’est une propriété de la famille de feu Général Adolphe Nshimirimana, le très influent haut gradé de l’armée burundaise assassiné en 2015 et natif de la commune. On dit « Ngiyekwa Général- je vais chez le général » pour signifier que l’on va y boire une bière, manger une brochette ou tout simplement causer avec des amis.

Ici, pas de voix discordante. « Pour 2020, la victoire est cash », affirme Pasteur, un Imbonerakure qui assume son inclination pour le parti de l’aigle. Avec quel candidat ? Là il se réserve. « La personne dépendra du choix des instances dirigeantes. J’espère que, qui qu’il sera, il ne nous oubliera pas parce que Général n’est plus de ce monde ». 

Il dresse toute une liste de ce qui devrait être la priorité du candidat heureux. Les infrastructures passent en premier. «  C’est vrai que les routes reliant les provinces ont été construites en grand nombre mais l’État a oublié les routes qui joignent les communes. Il y a aussi la construction des hôpitaux et des lycées à régimes d’internat parce que les collèges communaux ne peuvent pas assurer une éducation de qualité ».

À la recherche d’un candidat du rassemblement

Avec la crise qui a suivi l’assassinat du président  Melchior Ndadaye, plusieurs personnes se sont amassées à Muhuzu. En écrasante majorité des Tutsi qui fuyaient la vendetta de ceux qui accusaient cette ethnie de responsable de la disparition du président.  

Vingt-six ans après, la cohabitation entre les gens du site de déplacés et leurs voisins des collines environnantes sont encore un brin entachée par toute une kyrielle de préjugés et méfiance. « Quand il y a par exemple une rixe entre deux jeunes de ces deux communautés, il est difficile de faire la part des choses. Ceux de Muhuzu se liguent en bloc derrière leurs « frères », les autres de même » explique Jean-Jacques, un habitant du coin.

Ce trentenaire explique que dans ces moments-là, les vieux démons surgissent. « Des mots de haine fusent de partout. Ce sont des « vous » et des « nous » qui reviennent beaucoup. C’est clairement bipolarisé ». Comme s’il y a deux Gishubi. Celle des bons et celle des mauvais. « On aimerait des politiques qui rassemblent ces deux blocs qui n’ont pas raison d’être. Sinon cette situation fera l’effet d’une bombe à retardement ».

Habitant Kigomero, Louise préfère la retenue sans toutefois balayer tout espoir. « Les politiciens cherchent d’abord leurs profits en premier. Mais puisqu’il en faut de toute façon, qu’ils nous facilitent un peu la vie. Ceux qui seront au pouvoir qu’ils n’en abusent pas et que l’opposition ne passe pas son temps à critiquer et diaboliser ».

La commune de Gishubi est  l’une des 11 communes de la province de Gitega. Elle est située au sud de la province de Gitega et  s’étend sur une superficie de 165,44 Km2, soit 8,35 % de la province (1978,96 km²) et 0,59 % du pays (27.834 km2). Elle fait frontière avec la commune de Bukirasazi et Buraza au sud-est, avec la commune de Makebuko à l’Est (rivière Ruvyironza), avec la commune de Ryansoro au Sud et la commune de Nyarusange à l’Ouest.

 

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