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Promesses électorales : la population de Bujumbura en attente de la terre promise

De l’adduction en eau potable aux logements décents, en passant par l’amélioration des soins de santé et autres, une promesse a particulièrement fait acclamer et battre le tambour l’électorat présent : le bitumage de la route Astrida. C’était à Kabezi, lors de la campagne électorale du désormais président de la République. Le blogueur Yvan Nazaréen Ngendakumana est parti à la rencontre des habitants de Bujumbura.

Datant des années 1930, cette route relie le quartier résidentiel Kiriri aux zones de Bugarama et Ryarusera de la commune Muramvya en passant par la commune Isare, Chef-lieu de la Province Bujumbura.

A 22,3 kilomètres de la ville de Bujumbura, ce chef-lieu est l’un des rares chefs-lieux de province à ne pas avoir une route asphaltée. Ce qui entrave gravement les activités de la population locale qui résument leur quotidien à faire la navette entre les deux Bujumbura. A.N, charpentier, éprouve des difficultés quand il veut rejoindre son domicile en fin de week-end à cause de l’état piteux de la route. « Je travaille comme charpentier dans la mairie de Bujumbura. Tous les week-ends, je dois rentrer à domicile en commune Isare, zone Kibuye. En plus du manque des voitures type Probox qui sont les seules à s’y rendre, les bus ne pouvant pas faire le trajet, le ticket grimpe parfois jusqu’à 5 000 fbu. ». Une préoccupation partagée par V.K., maçon à Mutanga Nord, habitant la colline Nyakibande de la même commune. 

Ce dernier poursuit avec un petit parallélisme. « Le chef-lieu de la province Bubanza se trouve à 41,5 kilomètres de la ville de Bujumbura. Presque le double. Le ticket varie entre 3000 et 3500. Une fois la route Astrida goudronnée, je paierai entre 1500 et 2000, et il n’y aura plus de problèmes de manque de transport car même les minibus ou les « coaster », n’hésiteront plus à faire un si court trajet. » 

Le commerce en fleurira et le chef-lieu sera plus accessible

M.P vend au marché de Kamenge des régimes de bananes qu’il transporte lui-même par vélo. Le goudronnage de la route lui qui lui permettra de faire un double saut, affirme-t-il. «  Je fais un tour par jour car je dois être prudent. Avec une route asphaltée, je pourrai faire deux tours et mes revenus pourront doubler. » 

De surcroît, certaines dépenses diminueront considérablement pour les habitants des communes périphériques, soutient B.V, soldat originaire de la commune Mugongo-Manga, qui se souvient du temps de son enrôlement. « Je devais quitter ma commune pour rejoindre le chef-lieu où se faisaient les tests écrits et sportifs. À défaut de route bien aménagée, mes amis et moi devions passer par Bujumbura Mairie, puis remonter vers Isare, le chef-lieu. Même parcours quand il s’agissait de chercher les documents administratifs, alors qu’il y a moyen de passer directement de Mogongo Manga à Isare. Grâce à cette route, le chef-lieu ne sera plus d’un abord difficile.». Ce qu’a constaté aussi le nouveau locataire de Ntare House.

Même son de cloche Chez N.Y., enseignant à l’une des écoles secondaires du chef-lieu, résident à Kamenge et qui se déplace tous les jours vers son lieu de travail. « Le trajet prend environ une heure de route, mais avec une route asphaltée, le trajet se réduira en une trentaine de minutes, la fatigue se fera moins ressentir, les échangent s’intensifieront, le commerce en fleurira et le chef-lieu sera plus accessible », confie-t-il.

En plus du fait qu’elle date de très longtemps, portant aussi le nom de l’épouse du Roi Léopold III, ce qui est un potentiel touristique, c’est une route qui permettra de désengorger la RN1, et servira de secours en cas d’impraticabilité de cette dernière qui manifeste déjà sa vétusté.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Ce qui a attiré mon attention, c’est plus la photo que le texte. Regardez bien : Une colline et une nature verdoyantes dignes d’une carte postale, et puis… patatras! des maisons délabrées le long d’une petite route que je devine poussiéreuse. Il me semble que j’y suis passé une fois il y a au moins trente ans et rien a changé, peut-être quelques poteaux électriques (que je distingue difficilement). C’est déprimant.