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Pourquoi la politique d’interdire les sacs plastiques n’a pas marché comme prévu ?

En août 2018, le Burundi a adopté par décret l’interdiction des sacs plastiques sur l’ensemble de son territoire. L’entrée en vigueur de cette mesure était prévue dans un délai de 18 mois après la signature, soit en février 2020, le temps pour écouler les stocks disponibles. Une question reste donc posée. Pourquoi trouve-t-on encore ces sacs chez les commerçants ? Analyse.

Pour commencer, au Burundi malgré le décret du 08 août 2018, l’évidence est que l’utilisation quotidienne des sacs plastiques n’a pas évolué. L’on en trouve encore un peu partout quand on fait ses courses et de nombreux points de vente sur le territoire national en délivrent toujours. 

Ce jour-là, je suis au marché de Gitega, la capitale politique. Après deux heures dans ce marché, je me rends compte que les sacs dans lesquels une plus grande majorité d’acheteurs transportent leurs marchandises sont en plastique. « Les sachets biodégradables sont rares à Gitega. On utilise encore les sachets plastiques. Malheureusement avec la pandémie du Covid-19 qui met à genoux les échanges avec l’extérieur, ils sont devenus trop chers. Un petit sachet noir est passé de 100 BIF à plus de 300 BIF et les sachets de couleur verte sont passés de 200 BIF à 400 BIF », témoigne Claude, de la commune Gitega. 

Une application visiblement difficile

La mesure de l’interdiction de ces sacs sur le territoire national porte en elle-même les germes de son inefficacité. De un, malgré l’entrée en vigueur du texte en 2018, le gouvernement n’a pas prévu à l’avance les substituts aux sachets en plastique. Pourtant, ce manque des produits de substitution est un défi majeur à la mise en application de ce décret. Et l’échec est là. Comment est-ce qu’on peut arrêter de vendre ces sachets alors qu’on n’a pas encore eu d’autres pour les remplacer ? Une question qui mérite quand même une réponse.

De deux, se référant aux données de l’OBR, l’importation de ces sachets n’a pas cessé d’aller crescendo. Or, le décret du 8 août 2018 était clair à ce sujet. Cela veut dire que les commerçants sont plus forts que l’État ? Pourquoi ont-ils continué à importer ces sachets malgré l’interdiction ? 

Pourtant…

Les entreprises comme PACOBU et ELICOM qui sont en mesure de fabriquer des emballages de substitution avaient indiqué qu’ils pouvaient produire la quantité nécessaire pour couvrir toute la demande. Mais malheureusement, force est de constater que sur terrain les résultats se font toujours attendre.

Une des grandes raisons avancées : les difficultés liées à l’importation des matières premières, des machines de production qui sont chères. Et pour couronner le tout, les taxes viennent enfoncer le clou. Ce qui ne va pas sans perturber la production de ces entreprises. Or, si l’Etat veut promouvoir le zéro plastique pour les produits d’emballage, il doit soutenir les activités de ceux et celles qui se sont lancés dans ce domaine. Car, selon Aimable Manirakiza, directeur du CDEGL (Centre for Development and Enterprises Great Lakes), quand il y a la volonté politique dans un pays, tout devient possible.

Que faire alors ?

À mon humble avis, il est extrêmement important que les interdictions faites par notre gouvernement s’accompagnent des efforts pour identifier des alternatives efficaces. Il s’avère alors nécessaire d’insister beaucoup sur des mesures d’accompagnement et des politiques bien étudiées notamment la création d’entreprises solides pour la production des emballages de substitution et la facilitation d’implantation aux opérateurs qui voudraient investir dans cette production. Des stratégies qui, de mon point de vue, devraient aller dans le sens de proposer des voies et moyens afin de réussir ce projet zéro plastique dans le pays.

Si le gouvernement du Burundi parvient à valoriser ces avantages, il peut reproduire le succès de son décret sur l’interdiction des sacs plastiques sur l’ensemble de son territoire dans le but de préserver la santé humaine et protéger l’environnement du pays. Et pourquoi pas aussi ne pas s’inspirer du Rwanda qui est considéré comme l’une des plus grandes réussites dans ce projet en Afrique. 

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Why not involve the youth to create substitutes, which can be distributed to the stores
    You can include the tailors & whatnot & create jobs/ stimulate that part of the economy

  2. À voir leur impact sur l’environnement on devrait prendre cette question au sérieux et proposer des alternatives et tout d’abord la bonne volonté politique si non tout ne sera toujours que des dires. Ces sachets sont jetés partout et salit évidemment nos villes sans ignorer leurs dégâts sur l’environnement tel que la stérilisation des sols. À mon avis surtout les grandes villes devaient bien gérer les ordures et au moins instaurer une politique de recycler les produits plastiques qui ne se dégradent pas au lieu de les importer encore plus.

    1. Le Burundi dispose beaucoup Des dechets non biodegradable,nous pouvons citer par exemple a part les sachets il y a trop de bouteilles en plastics qui doivent etre recycle,le Gouvernement peut soutenir la Societe KING MULTI SERVICE operant en province MUYINGA et ayant comme objectifs collecte des dechets non biodégradables pour fabriquer les pavées dites écologiques.
      Contact du chargé des études au sein de KMS +25171158632 Monsieur Ir BIMENYIMANA Richard
      Directeur Géneral:NIYONZIMA Jeanne d Arc:+25771434513