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Pierre Nkurunziza : ses trois quinquennats en cinq chiffres

Si la faucheuse ne nous avait pas pris le président Pierre Nkurunziza, le 20 août 2020 aurait marqué un grand évènement historique avec la première passation du pouvoir entre deux présidents démocratiquement élus. Cap sur le bilan de celui qui fut le 8ème président de la République du Burundi, en cinq chiffres.

La réalité dans les discussions ici et là sur le bilan de Pierre Nkurunziza, dépend des lunettes que chacun porte. Pour les uns, son règne fut un très grand succès. Pour les autres, un fiasco. Et pourtant, les chiffres sont là pour nous départager.

Indice de développement humain (IDH)

Cet indice mesure à la fois trois indicateurs-clés, à savoir l’espérance de vie à la naissance, la durée moyenne de scolarisation et le revenu national par habitant. Compris entre 0 et 1, plus il est proche de 1, meilleur est le développement. Pour le Burundi, L’IDH pour 2018 s’établissait à 0.423, contre 0,329 en 2005. Une avancée qui a été possible grâce à la gratuité de la scolarité primaire qui a rehaussé le degré du taux d’alphabétisation jusqu’à 85,6 %, ainsi que la gratuité des soins des enfants de moins de 5 ans et celle des femmes enceintes qui a porté l’espérance de vie des Burundais à 61,25 ans en 2018 contre 53,37 ans en 2005.

La croissance annuelle du PIB

C’est une des valeurs qui mesure l’accroissement de l’activité économique d’un pays. En 2005, lorsque Pierre Nkurunziza accédait au pouvoir, la croissance du produit intérieur brut était à 0,9 %. En 2006, il passa à 5,41 %. Une avancée spectaculaire qui se stabilisait autour de 4 % jusqu’en 2014. En 2015, avec le manque de ressources budgétaires pour financer les investissements publics, une pénurie persistante de devises et l’accroissement des déficits fiscaux, tout tombe à l’eau jusqu’à -3,90 %, touchant le fond à -0,60 % en 2016, pour se retrouver à 1,61 % en 2019.

Indice des prix à la consommation

C’est une mesure de l’évolution générale des prix des biens et services que nous consommons. Étant à 13,25 en 2005, cet indice témoignait des prix à la hausse. En 2018, cet indice se retrouvait à -2,81 et -0,69 en 2019, ce qui est un bon signe témoignant une baisse des prix. Selon un professeur d’économie à l’université du Burundi, cela s’explique par une bonne saison agricole sous Nkurunziza, sans oublier que cela peut refléter la pauvreté de la population Burundaise par une demande plus faible, vu que le taux de pauvreté monétaire du Burundi était de 64,8 % en 2018. Par-là, ce taux de pauvreté était à 67,1 % en 2006, ce qui traduit que Nkurunziza aura lutté contre la pauvreté.

L’indice de perception de la corruption

Dès sa prise de pouvoir en 2005, la rhétorique anti-corruption « tolérance zéro » revenait toujours dans ses discours. À ce moment, selon le rapport de Transparency International, le Burundi avait un score de 23 sur 100, et occupait la 130ème place sur 159 pays évalués. En 2020, les chiffres témoignent une dégringolade avec un score de 19 sur 100, est situé au165ème rang dans les 180 pays évalués selon le rapport de 2020.

Le taux de chômage

Cette statistique permet de situer l’économie du Burundi par rapport à son niveau d’emplois. Il mesure le pourcentage de personnes faisant partie de la population active qui n’a pas d’emploi et qui en recherche un. Alors que ce taux était de 60 % en 2015, il est passé à 65 % en 2017, deux ans seulement plus tard. Un témoignage que le règne de Nkurunziza a formé plus des demandeurs de travail, au lieu des créateurs de travail.

Au-delà des émotions positives et négatives de l’un ou l’autre, les chiffres sont là pour que chacun puisse compléter la sentence du prince Louis Rwagasore à la place de Pierre Nkurunziza, quand il disait que nous le jugerons à ses actes.

 Paix aux âmes des défunts. 

 

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Les commentaires récents (7)

    1. Le taux de chômage de 65% est trop élevé et je doute de sa mesure d’ailleurs. Si ces gens composant plus de la moitié de la population ne trouvent de quoi manger c’est inutile de se péréniser au pouvoir. Aux éléctions il aurait moins de 35% car toute cette catégorie n’est pas de son partie. La croissance économique a été le moins élevé en Afrique de l’Est. Elle est tributaire du beau temps comme vous le dites ( agriculture). Pas de programmes précis pour un meilleur développement comme on en ailleurs en Afrique.

  1. s’il faut lui attribuer une note, celle ci serai positive. quand il a fait dos aux aides externes empoisonnées d’ailleurs, nous avons reculé pour mieux sauter. le nouveau président a une bonne base pour porter le pays dans le concert des nations.

    1. Cet article est très important,
      Ce que nous demandons aux leaders du Burundi c’est l’élaboration des projets de développement pour hausser l’econoémie national.
      Une autre chose, il faut qu’il y ait des liens avec les pays voisins afin de faciliter l’importation et l’exportation des biens.
      Les burundais nous sommes capables.

  2. Cette avancée est microscopique car plus de la moitié est sommée au chômage, au nouveau président, il lui revient de créer des emplois et d’encadrer les chômeurs en organisant des renforcement des capacités à leur égard. Il faut donc exploiter les ressources disponibles.

  3. L’article est très important. surtout l’impartialité des chiffres qui sont des chiffres vérifiables internationalement. ces chiffres serviront aussi à avoir les chiffres de base du règne du président Evariste, et j’espère un article du genre à la fin du mandat du président N.Eva
    Yaga, vous êtes les meilleurs, et vos textes sont uniques au Burundi. J’adore.