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Journal d’un malade du « conarovirus »

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » disait Audiard. Au temps du Covid-19, certains osent tout, jusqu’à frôler la bêtise crasse. Immersion dans les pages d’un journal intime tenu par l’un d’eux.

24 mars

Cher journal, le Burundais est un maître ès copie. Si ça se trouve, quand l’hiver frappe l’Europe, il en est qui doivent porter des vestes en fourrure sous le soleil de plomb de Bujumbura.

Bon sang ! Le trépas de quelques vieillards occidentaux va tous nous conduire à choper les maladies des mains propres.

Au moment où je te parle, j’ai les mains qui portent déjà les stigmates de ces lavages de mains incessants. Le moindre petit restaurant se prend pour la mosquée des princes d’Arabie. Tu dois te frotter les mains avec des produits hautement chimiques qui endommagent nos mains de travailleurs assidus. Tu ne m’en voudras toi de te confier cela sans me laver les mains n’est-ce-pas ? 

Allez, je vais me coucher. À demain pour d’autres nouvelles.

25 mars

Cher journal, la saga continue. Une paranoïa collective a touché toute la ville. Tousser, éternuer, avoir la fièvre, tout ça est plus alarmant qu’un terroriste sur le point d’activer sa ceinture d’explosif. 

La Anitha, tu te souviens d’elle ? Je te disais qu’elle est bonne mais qu’est-ce qu’elle est conne ! 

Figure-toi qu’elle m’a dit que je devrais plus l’embrasser.  « Nous devons faire comme les autres, ‘social distanciation’ », c’est ainsi qu’elle m’a plaqué. Elle croit peut-être qu’elle est comme le pape qui touche le monde entier avec la bénédiction urbi et orbi sans bouger du balcon de Saint-Pierre. 

26 mars

Rien. Ah non. J’ai une blague à te raconter.  Odilon, mon ancien camarade de chambre au lycée qui étudie actuellement en France, m’a téléphoné.

-Tu te portes bien ? T’es confiné ? m’a-t-il demandé avec un accent de parigot.

Il m’a expliqué que dans un discours Macron a répété plusieurs fois « nous sommes en guerre ».  Pfff, il fallait qu’il y ait un petit africain pour croire qu’un président  qui ne jouit que 39% d’opinions favorables dit la vérité.

28 mars

Rien. L’aliénation continue.

31 mars

Ma mère m’a écrit un message. Elle m’a demandé d’invoquer sainte Rita. « Fils, elle est la patronne des impossibles ». Lol ! Ma mère a des talents d’humoriste que je ne lui connaissais pas.

Toutes les forces l’univers doivent donc se liguer pour une minable grippette. Les temps sont durs cher journal. L’humanité a touché l’Everest de la poltronnerie. Qu’est-ce qu’on le grossit, ce virus !

2 avril

Happy birthday to me ! Un balai de plus. Je me fais vieux. Sage. Il y avait du monde pour mon anif. Des guerriers de l’amitié. Des vrais.

C’est dans l’adversité que l’on reconnaît ses vrais amis. On a fait la fête sans tomber dans le lavage de cerveaux des journaleux qui nous cassent les oreilles avec des mesures aussi bidons qu’irréalisables.

J’ai posté sur ma page Facebook la phrase de Lomepal dans son morceau avec Lefa« On s’était promis de se dire la vérité mais tu m’as menti comme les médias ». Bien sûr j’ai tagué ma probable future ex Anitha et mes amis (l’usage du mot ami est abusif, vu leur traîtrise) qui se sont poliment excusés «  parce que ce n’est pas du tout prudent de se rassembler par les temps qui courent ».

Des bouches de moins, à quelque chose malheur est bon. Tu t’en doutes, j’ai reçu des retours de donneurs de leçons et quelques insultes maquillées de bonnes manières.

Il y en a même un qui m’a dit que j’aurais mieux fait de donner l’argent utilisé aux nécessiteux. Ai- je la gueule de Mère Teresa, moi ? Pffff

Assez. Trop la parlotte aujourd’hui, hein ? Cher journal, reposons-nous et laissons le monde avec ses errements de collapsologues

 

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