Wakanda - politique
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Les colons et le « Wakanda » : une histoire à la Tom and Jerry

Parmi les vœux les plus chers pour les Wakandais* figure la fin de la faim. Un vœu qui est possible si et seulement si ce dernier varie ses coopérations bilatérales et multilatérales. Il y a une réalité que nous devons intégrer dans nos têtes : en politique, il n’y a pas d’amis ni d’ennemis éternels, il n’y a que des intérêts.

Pour les connaisseurs de l’Afrique, ce pays se trouve au sud de l’équateur et à l’est du méridien zéro.Officiellement, il n’a jamais été en guerre mais connaît des relations difficiles avec notamment les « colons » qui, pourtant continuent à financer plusieurs projets. Malgré les manifestations anti occident (colons) dans les rues de la belle capitale wakandaise, les diplomates signent toujours et encore des contrats d’aides, de dons et consort. S’il y a des personnes à respecter, c’est bel et bien les diplomates. L’essentiel n’est pas ce qui se dit mais ce qui se tait. Qui plus est, les ambassades sont toujours ouvertes, les familles de certaines autorités wakandaises se la coulent douce là-bas. En tout cas, il y a anguille sous roche. Ni les Wakandais lambda ni les twiplomates analystes ne s’y retrouvent.  

Les relations entre cette République très démocratique et les grands frères du monde pourraient être perçues comme l’histoire de Tom et Jerry. Ces deux personnages ont bercé l’enfance de beaucoup d’enfants bien qu’on y trouve une banalisation de la violence. En effet, les raisons qui poussent Tom à pourchasser Jerry vont d’un petit appétit au simple plaisir de tourmenter plus petit que soi. Tom ne réussit cependant jamais à s’emparer de Jerry, en particulier grâce à ses ruses ou sauvé de justesse par un ami. Imprévisibles qu’ils sont, ces deux personnages montrent cependant un réel attachement l’un pour l’autre, tout en se permettant les pires coups possibles dans des situations dont ils sont tous les deux complices. Souvent, Jerry vient chercher Tom pour de nouvelles aventures.

Jusqu’où va la force du faible ?

Lorsqu’on se sent dominé, le comportement naturel qui existe de tout temps, c’est de demander l’autonomie, la souveraineté en langage diplomatique. Si on remonte un peu dans l’Histoire politique récente, l’expression persona non grata est le maître-mot pour faire valoir sa souveraineté et son indépendance. En effet, ces renvois font aussi partie d’une stratégie politique selon laquelle le régime wakandais souligne qu’il est en train de combattre l’impérialisme occidental. 

Il serait très difficile de trouver un exemple d’un renvoi d’un(e) diplomate non-occidental sauf s’il/elle travaille pour une organisation internationale perçue comme pro-occidental. Il y a peu, le gouvernement wakandais a renvoyé les experts d’une organisation mondiale. Quelques mois après, une volte-face. À l’instar d’autres institutions internationales, ils signent un contrat d’aide pour faire face à la maladie que nous connaissons tous. De ce point de vue, la diplomatie du dollar l’emporte.

La politique extérieure par quelle diplomatie ?

Dans un monde où on inclut tout le monde, avec la multiplicité des acteurs sur la scène internationale, le Wakanda est devenu l’enfant chéri du Kremlin et du Zhongguo. Il y a une réalité que nous devons intégrer dans nos têtes : en politique, il n’y a pas d’amis ni d’ennemis éternels, il n’y a que des intérêts. Et cette loi selon laquelle l’ennemi de ton ennemi devient ton ami ou bien l’ami de ton ennemi est ton ennemi n’est pas toujours applicable. Des exemples ? Tenez : en 2017, pendant que le vice-président de l’empire du milieu foulait le sol wakandais, son Président était au royaume frère ennemi du nord. 

Dans un contexte où il n’y a pas de Léviathan mondial pour gérer cette planète terre, où les tendances sont dominées par le commerce international, les nouvelles technologies, les flux des capitaux … les frontières deviennent de plus en plus poreuses et le sens du mot indépendance est dilué pour donner place à l’interdépendance. Ils cherchent les ressources naturelles, dit-on. Mais ça, c’est de bonne guerre. 

Pour ce faire, toute lutte anti impérialiste impliquerait une diplomatie ad hoc qui inclut l’assimilation de ces outils néo-coloniaux (la technologie surtout) pour chercher l’équilibre des rapports de force parce qu’on ne respecte pas gratuitement. Faire toujours des jérémiades selon lesquelles on est victime de la colonisation est une grande faiblesse. C’est en quelque sorte fuir ses responsabilités car il est des pays qui ont connu la pire colonisation mais qui s’en sont sortis et n’ont rien à envier à l’Occident aujourd’hui. À y voir clair, les ennemis du Wakanda ce sont les Wakandais. Et si on s’inspirait du modèle asiatique ?

 

*  Wakanda est un pays africain de fiction dans les bandes dessinées de Marvel Comics.

 

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