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Catastrophes naturelles : comment rendre Bujumbura plus résiliente ?

Bujumbura a déjà vécu des effets du dérèglement climatique. Des inondations, des intempéries, des morts, des blessés, des déplacés, etc. Face à cette situation qui est aussi planétaire, Bujumbura peut-elle s’adapter ?

En plus des mesures déjà prises, d’autres actions s’imposent en amont et en aval.  Sinon, les conséquences de l’inaction s’annoncent plus fâcheuses. Sans être exhaustif, voici quelques pistes de solutions :

Protéger l’Est de Bujumbura

Là, nous avons les Mirwa, une zone montagneuse qui surplombe la ville. Son reboisement est salutaire. Il faudrait obliger les habitants à creuser des courbes de niveaux et à planter des herbes fixatrices, aménager des fosses antiérosives pour permettre l’infiltration d’eau et diminuer sa pression. Ainsi, une grande partie d’eau pluvieuse va infiltrer dans le sol. Elle ne viendra plus s’abattre sur Bujumbura. Également mettre en place un plan d’installation humaine dans cette partie, afin de limiter au maximum des constructions et des aménagements agraires, car ils fragilisent le sol.  

Humaniser les rivières traversant Bujumbura

Les rivières Ntahangwa, Kanyosha, Nyabagere, Gasenyi, Muha viennent de cette région. Leurs berges fragilisées par des actions anthropiques (constructions anarchiques, extraction du matériel de constructions, …) ne cessent de causer des dégâts : destruction des infrastructures publiques, des maisons, etc. Des travaux de stabilisation de leurs rives sont nécessaires pour éviter leur élargissement vers les habitations. Les autorités devraient faire respecter la distance de la zone tampon signalée dans le code de l’eau. 25 m de part et d’autre de la rivière. Et là, on devrait y planter des arbres. Malheureusement, on construit même à moins d’1m de la rivière. 

Avec des pluies excédentaires, ces rivières charrient des alluvions, des sédiments, d’importantes quantités de terre, de déchets, etc. vers le lac Tanganyika accentuant ainsi sa pollution. Or, c’est ce lac qui fournit plus de 90% de l’eau consommée à Bujumbura. Aujourd’hui, la Regideso doit aller à plus de 3,5 km pour capter de l’eau encore « propre ». Avant, le point de captage était situé à moins d’1km.

Supposons qu’un jour, le lac se révolte. Que va devenir Bujumbura qui, selon un expert environnemental, est situé « entre deux monstres »? Référence faite au lac Tanganyika et aux Mirwa. 

Humaniser ces rivières demande sans doute des moyens colossaux. Mais, si cela figure dans les priorités, sûrement que ces moyens ne peuvent pas manquer. Aux concernés de jouer, de prioriser pour sauver des vies. 

Disposer des plans de contingence 

Bujumbura doit être résiliente, avoir la capacité de s’adapter aux événements afin de limiter les effets des catastrophes naturelles et de retrouver un fonctionnement normal le plus rapidement possible. 

Pour y arriver, elle doit disposer de plans de contingence. Des documents où on trouve la classification et la hiérarchisation des risques. Identifier les zones à risques et y interdire toute installation humaine. Une obligation pour chaque commune urbaine selon ses spécificités morphologiques et géographiques.

Mettre fin aux constructions anarchiques et avoir un plan directeur de la ville 

La ville s’élargit. En 2008, elle comptait 497.166 têtes alors qu’en 1979, lors du 1er recensement, il y avait 172.201 personnes. Actuellement, elle abrite plus d’1 million de personnes. 

Aujourd’hui, les constructions se font sans aucun plan directeur. Les gens ont tendance à aller construire sur les hauteurs.  Exemple d’Uwinterekwa, Sororezo, etc. Des constructions sans aucun contrôle technique, sans tenir compte des propriétés géotechniques des sols. Ce qui fait que même en cas de catastrophes, les secours deviennent très compliqués. Les autorités doivent mettre fin à cela. 

« La résilience désigne la capacité d’un système, d’une communauté ou d’une société exposée(e) aux aléas de résister, d’absorber et de corriger les effets d’un danger, et de s’en accommoder, en temps opportun et de manière efficace, notamment par la préservation et la restauration de ses structures essentielles et de ses fonctions de base »

Source: Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR, 2010)

 

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