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Comment le blogging a « libéré » les journalistes

Journalistes de profession, ils ont découvert le blogging grâce au collectif Yaga et désormais ils ne jurent que par lui : « C’est une forme d’expression qui nous laisse plus de liberté… ». Témoignages 

Trouver un sujet, le défendre devant la rédaction, faire le reportage, écrire son papier ou monter son émission sous les directives d’autres personnes, la ligne éditoriale, etc.,  tel est le quotidien des journalistes au Burundi. Le journalisme est un métier qui, bien que passionnant, laisse parfois un goût d’inachevé. Pour combler leur inépuisable curiosité, la soif d’informer sur l’actualité tant nationale qu’internationale, certains journalistes se sont tournés vers le blogging, car, disent-ils, là, ils disposent de plus de liberté pour s’ exprimer, partager leurs opinions en toute liberté.

Igor Arnaud Giriteka est un jeune  journaliste-blogueur intéressé  par  l’histoire, la politique, le  sport et  la musique. Pour lui, le journalisme est très limitant. Pour étancher sa soif de s’exprimer, il s’est ouvert au blogging : « C’est beaucoup plus libre ! Cela me permet de faire mes analyses, de donner mes opinions sans la censure de la rédaction ». Ce jeune homme qui s’inspire de l’actualité tant nationale qu’internationale se réjouit d’avoir une plateforme où il peut exprimer librement ses opinions. « Yaga me permet de donner mon point de vue et d’être lu par un grand nombre de gens dont la plupart sont des jeunes burundais ». 

Le journalisme, c’est aussi l’éthique et la déontologie professionnelle et la ligne éditoriale qui te remet à chaque fois à ta place lorsque l’on s’éloigne un tant soit peu de cette limite. La bloggeuse Keyna Iteriteka le sait très bien. Déçue par le journalisme où elle se sentait limitée, la jeune femme a découvert le blogging à travers le collectif des blogueurs Yaga. Un vrai refuge pour elle. « Au départ, on m’a découragée, en me disant que je n’y arriverai pas, que ce n’était pas facile comme le journalisme de la radio ». Mais au fond d’elle, elle portait des idées qu’elle n’avait pas le droit d’exprimer à la radio. Elle voulait laisser son cœur parler mais il n’y avait jamais de place pour les sentiments, les émotions. « Le journalisme rapporte des faits, rien que les faits ! », lui répétait souvent un confrère quand elle émettait ses idées, qualifiées de « folles ».  Yaga  est venue à sa rescousse, lui a donné une place où elle peut traiter « ses » sujets dits tabous sous un style décomplexé. Et elle se dit comblée. 

Journaliste pour un hebdomadaire socio-économique, Ferdinand Mbonihankuye éprouve parfois un goût d’inachevé. « En journalisme, on ne traite pas les sujets tel qu’on le veut, j’ai découvert un autre moyen de m’exprimer ». Ce journaliste-blogueur, qui aime lire depuis tout jeune, se dit  aujourd’hui épanoui car il contribue au développement de son pays grâce à ses billets. 

Scotchée  sur l’écran de son Smartphone la plupart de son temps, visage craintif et un petit sourire au coin de la bouche, Isney Bariko nous révèle son amour pour le blog. « Le blogging vient compléter les reportages radios que je fais ». Ça lui permet d’aller au-delà des faits journalistiques, de partager ses émotions, ses peurs, ses coups de gueule, etc. Elle est surtout fière de son billet de blog sur le transport en commun en temps de Covid-19. 

 

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