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44 ans après la création de la CEPGL, quel bilan ?

Créée le 20 septembre 1976 sous l’initiative du président de la république du Zaïre Mobutu Sese Seko, la communauté économique des pays des Grands-Lacs peine toujours à atteindre ses objectifs. L’intégration, la sécurité, la libre circulation, que reste-t-il des idéaux à l’origine de la fondation de cette organisation sous régionale ?

La CEPGL réunit trois nations issues de la colonisation belge : le Burundi, la RDC et le Rwanda où se trouve son siège, à Gisenyi. Les pays membres occupent un espace géographique d’une superficie de 2.399.581 km2.

Elle comprend aussi quatre institutions dont la Banque de développement des États des grands lacs (BDEGL) qui siège à Goma, la Société internationale d’énergie de grands lacs (SINELAC) qui siège à Bukavu en RDC, l’Institut de recherches agronomique et zootechnique (IRAZ) et l’Énergie des grands lacs (EGL) qui siègent respectivement à Gitega et à Bujumbura au Burundi. 

L’insécurité, un talon d’Achille

La CEPGL n’a pas pu empêcher un génocide au Rwanda, une guerre civile au Burundi, et les conflits armés en République Démocratique du Congo. Depuis 1996, il n’y a plus de sommet des chefs d’Etat suite au conflit entre Kinshasha et Kigali, avec l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) pour chasser du pouvoir le président d’un pays « allié », le Maréchal Mobutu. Depuis, le Rwanda n’a cessé d’être pointé du doigt dans divers conflits à l’Est de la RDC quant à son implication et son soutien à des mouvements rebelles.

En avril 2007 à Bujumbura, la communauté est relancée par le conseil des ministres des Affaires Etrangères. Trois ans plus tard, la rencontre entre le président rwandais Paul Kagame et son homologue burundais le feu Pierre Nkurunziza rendent la relance effective.

2015. Les relations entre Kigali et Bujumbura se détériorent suite à des accusations mutuelles de soutien aux rebelles. Pendant toutes ces périodes de conflits, des pourparlers ont été menés mais aucun sous la houlette de l’organisation sous régionale. Ainsi la mission de consolider les initiatives de paix, de sécurité et de stabilité dans les pays membres aura été la plus discutable de toutes quant à son accomplissement.

D’autres paris réussis

La promotion « des activités économiques et sociales d’intérêts communs dans les pays membres » ou encore la promotion et l’intensification des « échanges commerciaux et la libre circulation des personnes et des biens », voilà deux missions qui ont partiellement réussi et qui laissent présager un bel avenir.

A travers la BDGL, la communauté a contribué financièrement à 46 projets à hauteur de 36 884 300 $ entre 1984 et 1993. D’autres projets communs sont en cours dont celui de la centrale hydroélectrique de Ruzizi III avec une capacité de 147 mégawatts.

Au-delà des projets bancables, la communauté en est pour beaucoup dans les échanges commerciaux et la circulation des biens. Des petites et moyennes entreprises se sont installées dans les villes transfrontalières.

La libre circulation des personnes dans la région se fait moyennant une autorisation spéciale de circulation appelée aussi CEPGL. Elle octroie aux citoyens des pays membres le droit de circuler entre le Burundi, la RDC et le Rwanda pendant une année et trois mois pour les expatriés résident dans l’un des pays membres sans payer le visa.

Quel rôle en pleine pandémie Covid-19 ?

Au Burundi, le 6 juillet 2020, le gouvernement, sous la coordination du ministère de la santé publique et de la lutte contre le Sida a lancé une campagne de dépistage de masse dénommée « Ndakira, sinandura kandi sinanduza abandi ». À ce moment le test se faisait pour un montant inférieur à 1 dollar contrairement à d’autres pays de la CEPGL. Deux mois plus tard, à travers une ordonnance ministérielle, le ministre des finances, du budget et de la planification économique annonce que désormais « le test de dépistage de COVID-19 se fera sur base de paiement d’une somme de 50 dollars américain », dépassant ainsi la RDC qui le fait pour 30 dollars et légèrement en dessous du Rwanda qui le fait pour 60 dollars.

Au moment où j’écris ces lignes, les frontières internes de la communauté sont fermées et chaque pays travaille dans son coin sur des mécanismes de réouverture des frontières. 

À travers son objectif de « coopérer de façon étroite dans les domaines sociaux, économiques, commerciaux, scientifiques, culturels, politiques, militaires, financiers, techniques, touristiques et plus spécialement en matière judiciaire, douanière, sanitaire, énergétique, de transports et de télécommunications», la CEPGL devrait coordonner l’action des États membres et se préparer, de concert avec eux, à la reprise économique.

 

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