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La volte-face du Cnared va-t-elle accélérer le retour des réfugiés ?

Selon les statistiques du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les Burundais réfugiés dans la sous-région sont estimés à 345 316. Mais depuis un certain temps, des cas de rapatriement sont en cours. Et récemment, le Cnared a affiché son intention de retourner au bercail. Zoom sur les statistiques de ceux qui sont déjà rentrés et les retombées de ce probable retour du Cnared.

 « Le HCR et ses partenaires fournissent une assistance aux réfugiés qui ont décidé d’être rapatriés au Burundi, afin que le processus soit fait en toute dignité et sécurité, mais aussi pour soutenir la cohésion sociale au niveau communautaire et promouvoir le rapatriement comme une solution durable aux problématiques liées aux réfugiés », peut-on lire sur le site de cette organisation onusienne.  

Mais jusque-là, c’est un rapatriement qui concerne en grande partie la Tanzanie.  Des 186 156 Burundais réfugiés en Tanzanie, 71 964 ont été rapatriés tandis que  659 l’ont été du Kenya, 88 de la RDC. De l’autre côté de la Kanyaru, pas un seul réfugié  n’est encore rapatrié, du moins parmi ceux assistés par la HCR. Normal, diraient certains, eu égard aux relations qui existent entre le  pays de Kagame et celui de Nkurunziza. 

Le Cnared entre dans la danse 

La nouvelle est tombée comme un couperet. Dans un communiqué, cette plateforme de l’opposition burundaise en exil demande au pouvoir burundais de dialoguer « le plus vite possible » avec tous les acteurs politiques de l’intérieur et de l’extérieur pour convenir des modalités de tenue des élections « crédibles et inclusives » à l’horizon 2020. 

Dans le même communiqué, le Cnared  réaffirme sa volonté de « participer à toutes les élections de 2020 », bien que déplorant « le verrouillage de l’espace politique, l’oppression contre les membres de l’opposition et les disparitions forcées qui continuent dans le pays, le manque de volonté du régime burundais à dialoguer avec son opposition en vue d’une solution consensuelle pour le retour à la paix et à la stabilité du pays ».

Effet domino ?

« Avec une telle annonce, il est fort probable que certains ténors de cette coalition vont rentrer. La levée de suspension du parti CDP s’inscrirait  dans cette logique. Ils rejoindraient d’ailleurs ceux qui l’ont déjà fait», avance un politologue burundais.

Ce retour va-t-il influer sur le retour des Burundais réfugiés au Rwanda comme certains commencent à le penser ? Donnons le temps au temps. Mais si le gouvernement et ces opposants parviennent à trouver un accord, nul doute que certains parmi les sympathisants de ces derniers emboîteront le pas à leurs leaders. Une victoire pour le pouvoir de Gitega.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Le CNARED (ou ce qui en reste) devrait d’abord demander la levée des sanctions qu’il a fait mettre sur le pays. Après tout, lui aussi va en pâtir.

  2. Rentreront, rentreront pas ? That is NOT the question. Tout le long de l’histoire post-indépendante du Burundi, il y a eu des mouvements incessants de départ et de retour des réfugiés au gré des crises politiques et massacres : 1972, Ntega-Marangara, 1993, 2015… Je suis sûr qu’à cet instant même où j’écris, il y a un burundais qui vient de fuir le pays (ou sa maison) pour des raisons de survie sécuritaire ou alimentaire ; il y a aussi un réfugié qui vient de rentrer car il juge qu’il y a un répit (agahengwe). Ces mouvements de va-et-vient vont continuer aussi longtemps que les politiques n’offrent pas assez de stabilité et de garanties pour tous. Une mauvaise politique produira toujours des flots de réfugiés et d’immigrés. Sommes-nous aujourd’hui sur la voie d’une politique rassurante ? That is another question.

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