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Ma vie (compliquée) de célibataire endurci

Ils sont souvent victimes de mauvaise réputation. On leur lance des invectives. Ces vieux garçons sont même accusés, à tort ou à raison, d’être des « coureurs de jupons » instables. Ils témoignent. 

Arthur* habite un des quartiers de la zone Ngagara en Mairie de Bujumbura. Il travaille dans une société privée à Bujumbura depuis plus de 20 ans. Il raconte le revers qui compromet sa vie quotidienne. « Je suis un célibataire de plus de 40 ans et je ne compte pas me marier. En famille, on me colle tous les pires surnoms qui existent : Rucamvyaro, Vyigirumusore et bien d’autres encore. Au travail, c’est rare que l’on me donne des responsabilités sérieuses. Je suis qualifié d’irresponsable de renom », confie-t-il avec amertume.

Cette catégorie de personnes se heurte souvent à une liste de questions, d’interrogations posées par l’entourage, la famille ou les amis en couple. Des phrases comme  « T’es toujours célibataire ? T’en as pas marre d’être seul ? Quand nous présentes-tu quelqu’un ?». Cette image du célibataire « de longue durée » leur colle à la peau. Bien souvent, socialement parlant, c’est comme si un homme célibataire depuis longtemps avait raté quelque chose dans sa vie.

Eric*est un enseignant qui approche la cinquantaine vivant seul dans une chambrette située dans la ville Gitega. Son voisinage et sa famille ne mâchent pas leurs mots à propos de lui : « Son seul credo, c’est d’avoir un tableau de chasse et de fuir toute relation suivie, qui peut potentiellement devenir sérieuse ». Mais pour lui, c’est très simple : il préfère se consacrer à sa vie professionnelle ainsi qu’à des relations amicales.

« J’ai connu une relation amoureuse très sérieuse. À quelques semaines du mariage, la fille s’est désistée. J’ai dès lors décidé de rester célibataire toute ma vie suite à cette séparation décevante. Je vis seul et je n’hésite pas à partir du bureau à 20h car il n’y a personne qui m’attend à la maison », dit-il.

Ce n’est pas la fin du monde

Pour Benny Ndayishimiye, sexologue, le célibat endurci n’est pas en soi une tare. « Il faut assumer son identité et éviter le désordre. Le célibataire endurci doit s’occuper des objectifs de la vie. Bien plus, il ne faut pas accorder la priorité au mariage et surtout ne pas forcer les relations amoureuses », propose le conseiller conjugal et spécialiste en sexologie qui appelle les célibataires endurcis à faire la sourde oreille à la pression extérieure.

En gros, la vie de célibataire endurci consiste à être solitaire. Elle est parfois synonyme de contrainte et peut révéler une vraie phobie, celle de l’engagement, mais , « rassurez-vous, dans sa solitude, le célibataire endurci n’est pas malheureux, au contraire », affirme le sexologue.

 

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Les commentaires récents (5)

  1. Ce qui m’a beaucoup surpris dans la vie de Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948) (qui a lutte contre l’empire britannique pour l’independance de l’Inde en utilisant la non-violence) c’est qu’apres plusieurs annees de mariage, il s’est lui-meme (unilateralement?) impose le celibat qui vise le « BRAHMACHARYA » (= purete spirituelle).
    Gandhi et sa femme Kasturba se sont maries quand ils avaient tous 13 ans. Ils ont meme eu quatre enfants ensemble: Harilal (1888), Manilal (1892), Ramdas (1897) et Devdas (1900).
    « En 1906, Mohandas Gandhi DECIDE DE PRATIQUER LE BRAHMACHARYA et le couple n’a plus de relations sexuelles… »
    (Voir « Katsurba Gandhi », http://www.wikipedia.org).
    « Gandhi considerait, dans la ligne droite de la sagesse hindoue, que celui qui etait un vrai pratiquant du brahmacharya NE CONCEVAIT MEME PLUS LES PASSIONS, non seulement dans son ESPRIT EVEILLE, mais aussi dans ses reves…, chose qui est explicitee dans la philosophie classique hindoue du Yoga Sutra de Patanjali… »
    (Voir « Mohandas Karamchand Gandhi », http://www.wikipedia.org).