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Twittoscopie : sur Twitter comme dans un bar

Depuis plusieurs jours, nous assistons à un jeu de ping pong verbal entre quatre personnalités de la twittosphère burundaise. Et pas n’importe qui. À eux seuls, ils sont quand même la crème de l’intelligentsia burundaise, bref des modèles pour de nombreux jeunes que nous sommes. Mais depuis un moment, on a l’impression qu’ils sont passés dans une dimension qui nous échappe. Et ce ne sont pas les seuls. 

Voici Albert Maniratunga, ancien directeur général de l’Aviation civile et actuel directeur général de l’Otraco, nous gratifiant d’un scoop. Sans fausse pudeur ni preuve, il balance à la face du monde une grosse accusation. Et même si cela s’avérait vrai, notre directeur a oublié que la responsabilité pénale est individuelle. On ne saura pas quelle mouche a piqué l’un de nos technocrates, pourtant doué en redressement par ouï-dire.  

Esdras Ndikumana, journaliste correspondant à RFI et AFP, un mentor pratiquement pour beaucoup d’entre nous. Un journaliste de sa carrure devrait être au-dessus de la mêlée. Pourquoi vouloir répondre à tout ? La manière dont les réponses sont formulées à l’endroit de monsieur Albert n’est pas digne de son clavier. Doit-on au moins s’attendre à des excuses auprès de nombreux jeunes qui le suivent ?  

Bob Rugurika, journaliste et ancien directeur de la RPA (Radio publique africaine), lauréat du prix CNN de la liberté d’expression mais qui ne peut pas forcément devenir celui de la tolérance et de discernement, voit la question ethnique lui échapper: pour lui, voici le moment où un Tutsi devient Hutu et pas n’importe lequel mais un « extrémiste ». Et dire qu’on a été directeur d’une radio qui transcendait ces considérations. Lui a tout simplement trouvé son cas d’école. 

Et enfin Louis Kamwenubusa, journaliste DG PPB qui aime « un débat contradictoire » selon sa présentation, adore bloquer ses collègues tout de même. On peut se demander avec qui il anime ces débats finalement. Là n’est pas la question. Pour ce monsieur, la notion de la présomption d’innocence n’est pas sa tasse de thé ou plutôt sa bouteille de bière ! 

Comme le disait un homme sage de Buyenzi, « quand des hommes veulent se départager, il faut leur lancer un défi. Sable dans les deux mains en leur disant : papuwa ». Seuls les initiés comprendront.  

Le procès à Paris et une belle discussion  

Il y a de ces discussions qui honorent ceux qui les alimentent. Ces échanges qui nous font parfois penser que le monde irait finalement bien si l’on parvenait à faire ce premier pas : parler à l’autre de manière civilisée. Ce sont ces discussions que nous aimerions voir tous les jours sur le réseau de l’oiseau bleu.  

Le procès en diffamation du président Nkurunziza au tribunal de Paris nous aura une fois de plus fait vivre ces moments si rares qu’il faudrait les mettre à la lumière de tous. Bien que les insultes et les messages haineux pullulent sur Twitter, nous avons eu droit à un très bel échange « civilisé » entre deux abatwip. L’ombudsman, Édouard Nduwimana et l’umutwip Steve Ndikumweyano étaient les débatteurs. Appréciez la classe ! 

Sauf que les autres-là n’ont visiblement pas apprécié. Il y manquait un peu d’insultes et de messages haineux.  

Le blocus de Madame l’ambassadeur 

Twitter, c’est un petit peu comme dans une cour d’habitation, tous les coups sont permis. Si je t’aime, je t’adopte sinon je te bloque. Sauf que bloquer certains comptes, la pilule ne passe pas. Comment peut-on bloquer le Twitter de Yaga? Madame ne veut pas visiblement qu’on s’informe de ses activités. Et pourtant, il s’agit d’une personnalité publique. Peut-on présumer que la lettre à son endroit aurait été la cause? À la limite, on peut tolérer de bloquer ceux qui n’ont l’insulte comme argument. Mais de là à bloquer un compte comme celui de Yaga, il y a tout un fossé. Merci madame Nina ! 

 A la prochaine !  

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Chers amis de Yaga.
    Tout en respectant votre travail et votre contribution à la liberté d’expression et à la diversification de l’information au Burundi,
    je voudrais m’exprimer sur votre papier et ce qui y est traité. Maniratunga.
    Ce monsieur Maniratunga, ne twit pas à mes yeux. Il s’attaque systématiquement aux journalistes ,aux activistes, à leurs familles et souvent à leurs défunts parents…
    Il s’agit de menaces, de mensonges et d’insultes gratuites proférés, la plupart du temps, hors contexte, hors sujets hors débats. Ce sont des attaques délibérées contre des journalistes ou des activistes en exil en l’occurrence d’anciens prisonniers ou victimes de tortures pour le cas d’ Esdras.
    Ses accusations sont dans notre contexte des #Fatwa, des accusations qui sous les cieux du Burundi de @pnkurunziza équivalent à des arrêts de morts , des appels gratuits aux lynchages.
    Pire encore ce sont des calomnies indélébiles sur google, pour des parents disparus qui pour mon cas ou celui d’Esdras que je connais, ne sont que des profanations de mémoires d’êtres chers, qui devraient appeller une réponse ferme dans un Monde Normal.
    Ce sont aussi souvent des menaces directes à nos intégrités et à nos liberté, une volonté d’exporter la terreur et la tyrannie du pouvoir de @pnkurunziza par son clavier, nous faire taire (il peut rêver), comme si il cherchait la même réponse les mêmes bassesses, la même méchanceté , le même extrémisme.
    Comme si Maniratunga voulait nous rendre aussi « Petit » que lui … parfois au sens strict.
    Par ses propos abjects sur nos défunts parents il est devenu MINABLE, et comme ses mensonges cela risque d’être indélébile aussi.
    Pour finir les twit de Maniratunga ne peuvent pas être repris comme de simples échanges…
    C’est de la calomnie, des l’appels à la haine ethnique, à la stigmatisation et la diabolisation mensongère de collègues, et d’ amis …
    Des tâches Brunes sur un blog, à traiter et à dénoncer comme tel.

  2. Merci Alain pour cette revue de la twittosphère burundaise. Et honte à ces officiels qui s’insultent sans honte ni peur… quel exemple donnent-ils aux plus jeunes ?