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Quand la téléphonie booste l’économie burundaise

Avec plus de 6,5 millions d’abonnés en 2019, la forte croissance de la téléphonie au Burundi n’est plus à démontrer. Et ce succès n’est pas sans impact. Analyse.

Communication, information, discussion,… la téléphonie au Burundi vit ses moments de gloire. Le secteur est en pleine croissance. La téléphonie mobile en particulier. Estimée à un taux de pénétration de 1,6 % en 2005, elle est passée à 54,71 % en 2019. Et cela, en défaveur de la téléphonie fixe, premier sur le terrain de la télécommunication au Burundi. Son taux de pénétration est de 0,2 %. Malgré cette avancée indéniable, et comparativement aux pays de l’EAC, le Burundi a encore du pain sur la planche. Ce taux de pénétration est de 95,1 % au Kenya, 90 % en Tanzanie, 81,8 % au Rwanda, 70,9 % en Ouganda, et seulement 12 % au Sud Soudan.

L’impact

Il est palpable. La distribution des cartes prépayées a créé des milliers d’emplois. Certains sont même devenus millionnaires grâce à ce commerce. Ne passant pas par les agences des opérateurs, la vente de ces cartes est gérée par un réseau de grossistes, de distributeurs ou de marchands ambulants. Ce boom a permis l’émergence de nouveaux boulots comme les kiosques de charge en électricité, vente de téléphones portables, services de réparation ou d’autres accessoires. Selon l’API, jusqu’en 2015, 56 petites et moyennes entreprises ont été créées, dont 18 du secteur des télécommunications, soit 15 % de l’ensemble des emplois créés depuis 2013.

De même, la part du secteur des téléphonies dans le PIB a augmenté. Elle est passée de 1,80 % en 2007 à 2,37 % en 2013, atteignant presque la moyenne mondiale qui est de 2,4 %. Même les recettes fiscales dues à ce secteur ont augmenté. Au cours du budget 2018-2019, le Burundi compte 25.456.810.144 Fbu en provenance des taxes sur les télécommunications, et 2.771.984.553 Fbu en provenance des taxes de terminaisons d’appels des communications internationales.

Au-delà de l’économie

À y regarder de près, le téléphone portable a une grande influence au sein de la société burundaise. Grâce à lui, des liens sociaux ont été noués ou consolidés et des amitiés construites. Le téléphone portable est actuellement le cadeau fréquemment attribué et beaucoup apprécié, notamment chez celui qui aurait des difficultés de s’en procurer. Par exemple, pour les fiancés à faibles revenus, l’octroi d’un téléphone portable permet la consolidation de ses relations avec la personne aimée. Les traditionnelles lettres écrites à la main à destination des amis ou des parentés n’existent presque plus dans la communication. Le téléphone mobile a pris la relève.

Les défis

Pour Ir Donatien Manirampa, directeur général de l’ARCT, tout n’est pas rose. Des défis existent. Il s’agit du faible accès des services fournis par la téléphonie aux utilisateurs en milieu rural, le déficit énergétique en électricité où seulement 2 % de la population y ont accès et le faible pouvoir d’achat des Burundais. À cela s’ajoute la lourde fiscalité de téléphonie mobile ayant passé de 42 Fbu à 52 Fbu sur le trafic national, comme le stipule l’article 66 de la loi des finances exercices 2018-2019. Sans oublier l’analphabétisme numérique de ceux qui ont un smartphone, sans savoir comment s’en servir.

De ce qui précède, il est indispensable d’élever le taux d’électrification du pays, de reformer la fiscalité pour une grande accessibilité financière des technologies mobiles et inciter les opérateurs à investir dans les milieux ruraux et si besoin les appuyer.

 

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