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La Tanzanie, terre d’un exil tourmenté

Dans un rapport sorti au mois de février, l’ONG International Refugee Rights Initiative dénonçait les pressions que subissent les réfugiés burundais pour les obliger à quitter la Tanzanie. Et récemment, d’après certaines radios, le chef du camp de Nyarugusu en Tanzanie aurait rassemblé les responsables des réfugiés pour les inviter à mobiliser les autres réfugiés afin qu’ils s’enregistrent sur la liste de ceux qui veulent rentrer. Ceux qui refuseraient de s’enrôler jusqu’au mois d’août risqueraient de se faire expulser par force, comme cela a été le cas au camp de Mutabila en 2012. 

Le moins que l’on puisse dire est que cette attitude de la Tanzanie est contraire au principe de non-refoulement tel qu’exprimé dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, au paragraphe 1 de son article 33 : « Aucun des États contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » 

Les autorités tanzaniennes expliquent que le Burundi est en paix et que les réfugiés n’y seront pas en danger. Mais, n’appartient-il pas aux réfugiés eux-mêmes de prendre cette décision ? Par ailleurs, beaucoup de ceux qui ne s’estiment pas en danger sont déjà rentrés. La note du HCR du 31 mai 2019 explique que plus de 69 000 réfugiés et demandeurs d’asile en Tanzanie sont retournés au Burundi depuis 2017. Si ceux qui restent ne veulent pas rentrer, c’est qu’ils ont leurs raisons. 

Il faut intégrer les réfugiés 

Au lieu de continuer d’intimider les réfugiés pour les obliger à rentrer, la Tanzanie devrait plutôt les intégrer. Les intégrer veut surtout dire leur donner le droit de travailler et de vivre là où ils veulent sur le territoire tanzanien, et faire ce qu’ils veulent conformément aux lois du pays. Ainsi, ces réfugiés pourront produire, faire du commerce librement et faire bénéficier leurs talents et leurs savoir-faire à la communauté tanzanienne. 

On peut comprendre que les réfugiés burundais soient trop nombreux et que la Tanzanie aie envie d’avoir un nombre plus limité. D’après le HCR, la Tanzanie a accueilli plus de 189 000 réfugiés, soit 54,6% de tous les réfugiés qui ont quitté le Burundi depuis avril 2015. C’est beaucoup. Mais la solution n’est pas de les refouler car, si on les oblige à rentrer au pays, ils ne tarderont pas à revenir. On l’a vu par le passé. Et n’oublions pas que le Burundi approche des élections de 2020, et que la période électorale vient toujours avec son lot de violences. Et qui dit violence dit réfugiés, même si j’aimerais que les élections de 2020 soient une exception. 

Personnellement, au lieu de refouler des réfugiés qui finiront peut-être par revenir, je la Tanzanie devrait plutôt négocier avec les pays partenaires pour qu’ils accueillent une partie des réfugiés qui sont sur son territoire.

 

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