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Skol veut-elle détrôner la Brarudi dans le cœur des Burundais ?

Alors que plusieurs produits phares de la Brarudi se sont fait rares, une nouvelle marque assoit sa réputation dans les principales villes du Burundi : la Skol. En véritable conquistador des temps modernes, elle gagne du terrain et les cœurs des amateurs de bière. Retour sur ce phénomène.

Qui veut se mesurer au mastodonte Brasseries et Limonaderies du Burundi (Brarudi), propriété de la multinationale Heineken et de l’État burundais, premier contribuable  de l’Office burundais des recettes et pourvoyeurs d’emplois ? Le challenger s’appellerait Skol, une marque née au début des années 60

Ces derniers temps, certains bars de la capitale ont viré au jaune. Du ‘‘bar Nobel’’ de Mutanga sud au bar ‘‘chez Ntiba’’ en ville, en passant par la succursale du Nobel à Nyakabiga (la liste n’est pas exhaustive), cette couleur détonne. Les tabliers des serveurs, les chaises et les tables sont en jaune. Cela n’a rien d’anodin, dira-t-on. Changer la couleur du matériel relève de l’esthétique. 

D’ailleurs, un bar doit se faire relooker pour rester attrayant. Sauf que pour ce cas, un détail retient l’attention. Cette couleur rime avec une marque de bière. En effet, le nouveau matériel est estampillé du logo Skol. Pourtant, cette marque n’est pas nouvelle au Burundi. Les gens connaissaient déjà le Skol malt, un des produits de cette marque, introduit en 2009 au pays. 

Actuellement, c’est au tour de la Skol Lager de gagner du terrain. Avec ce dernier, cette marque s’est muée en  « conquistador ». Elle gagne de plus en plus les cœurs des amateurs de la sainte mousse. 

La pénurie d’Amstel Bock, une aubaine pour Skol ?

La bouteille coûte 2100 Bif. ‘‘Akabeyi ntikavuna nukuri’’ (ce prix est vraiment abordable), estime Olègue, rencontré au bar Chez Ntiba. Pour lui, la récurrence de la pénurie des produits de la Brarudi a été une bouffée d’oxygène pour les distributeurs de ce nouveau produit. En passant, cette carence est imputée par les responsables de la Brarudi à la hausse de la demande pendant la grande saison. Qu’à cela ne tienne !

« La pénurie de l’Amstel bock a sans l’ombre d’un doute dopé la consommation de Skol lager », explique encore un serveur du bar du Mess des officiers. Effectivement, l’Amstel Bock, introuvable dans les bistrots depuis près de deux mois, est très prisé dans les milieux urbains. Les amateurs de ce dernier se rabattaient donc sur la « bière jaune ». Elle semble réussir là où bon nombre d’autres bières « étrangères » ont échoué. Senator, Tusker, Turbo…ont tenté de s’imposer sur le marché. Ils n’ont malheureusement pas fait long feu.

Récemment, la « brune » de  la Brarudi a refait surface. Va-t-elle freiner les velléités expansionnistes de la Skol ? Pas sûr que les consommateurs jettent cette dernière aux orties. D’ailleurs, on parle d’une ouverture prochaine d’une brasserie Skol au Burundi. Si cela s’avérait vrai, ce serait un acte audacieux. D’autant plus qu’avoir une usine brassicole reste l’apanage de la Brarudi.   

En 2012, la brasserie Burundi Brewery  a démarré à Vyerwa dans la Province de Ngozi. Sept ans après, son bilan est mitigé. Soma Burundi et sa bière à base de banane a été un échec. Seul, Sangwe, sa gamme de produit d’eau minérale a survécu. L’implantation d’une usine de production Skol au Burundi (actuellement produit au Rwanda) signerait l’entrée dans l’arène du champion Brarudi.

Étymologiquement, Skol vient du suédois Skaal. Ce mot peut être associé aux termes universels « Cheers » et « Santé ». Du temps des Vikings, un peuple guerrier scandinave, cette locution était employée comme marque de soutien en période de stress. Elle était aussi utilisée comme cri d’encouragement aux amis et alliés pour être fort et continuer à se battre. Et face à la Brarudi, Skol en aura effectivement besoin.

 

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