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Rumonge : «Entre boulot et études, le choix est clair»

Dans la commune Rumonge, 4205 cas d’abandon scolaire ont été enregistrés au courant de l’année scolaire 2017-2018 malgré la gratuité de l’enseignement fondamental. Pour comprendre ce phénomène, Yaga a organisé des débats publics, et à Rumonge, la parole s’est libérée.

Dernièrement, j’étais à Rumonge pour un débat public autour de l’abandon scolaire,  ses causes et conséquences. Près de 80 jeunes y participaient. Il y avait en face d’eux des responsables administratifs, des journalistes et des directeurs d’école. La discussion était très intéressante.

Dans la plus jeune province du Burundi, connue aussi pour sa culture de pêche, la course à la recherche de l’argent est l’un des grands facteurs à l’origine de ces cas d’abandons. «Ici on préfère pêcher qu’aller à l’école» me lançait, un responsable local de Yaga à quelques heures du débat.

Mais gagner de l’argent n’est pas le seul facteur d’abandons. Les grossesses non-désirées constituent aussi une des grandes raisons qui font que les jeunes filles quittent le banc de l’école. Une des jeunes filles participant au débat a pris la parole : «Ces filles qui abandonnent à cause des grossesses non désirées le font souvent suite aux promesses de mariage de certains garçons».

Confusion

«À quoi ça sert de faire des études alors que nos aînés diplômés sont au chômage?», s’interrogeait un des jeunes participants. Comme pour certains de ses camarades, entre les études et gagner de l’argent, le choix est vite fait.

Mais pour Anicet Nyandwi, directeur du Lycée communal Mitonto, les enfants confondent leur rôle : «Ils ne sont pas à l’école pour chercher l’argent. Leur rôle est d’apprendre et d’acquérir les connaissances avant tout. S’ils veulent l’argent, il faudra qu’ils attendent quand ils quitteront le banc de l’école».

Responsabilités partagées

«Il y a une grande responsabilité chez les parents aussi. Certains passent toute une semaine sans avoir pris des nouvelles de leurs enfants. Il n’y a aucun dialogue», relevait Niyonzigiye, membre du Forum national des enfants.

À ce constat, tout le monde fut unanime pour reconnaître que beaucoup de parents ne s’impliquent pas dans l’éducation de leurs enfants. «L’éducation n’est pas qu’une affaire des enseignants. Ces parents qui n’ont pas le temps doivent être sensibilisés dans le changement des mentalités», estimait Ndikumazambo Gaspard, président du comité des parents de Rumonge.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. On ne peut pas abandonner soit disant que nos grands ou grandes soeurs n’ont pas d’emploi car aujourd’hui n’est pas demain on attend toujours peut être que nous aurons de quoi à faire dans les années qui viennent ! Merci beaucoup de votre information..

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