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Comment venir à bout de la récurrente pénurie du carburant ?

La énième pénurie du carburant que vient de connaître le pays de Mwezi n’a pas été sans conséquence comme l’on pouvait s’y attendre. Entre autres, une hausse spontanée du prix du ticket de transport, entraînant dans son sillage la flambée du prix d’autres produits. Mais à quoi est due cette récurrente pénurie ? Comment y remédier ?

« Je n’en reviens pas. Avec la récente pénurie du carburant, le trajet Makamba-Bujumbura vient de me coûter 20 000 francs bu, alors que d’habitude, je déboursais 10.000 ou 11.000 francs bu ! ». Ce sont là les lamentations de Claude, un jeune commerçant de Makamba qui emprunte régulièrement la voie Makamba-Bujumbura. 

Cette hausse du prix du ticket de transport, est, à n’en pas douter, la conséquence de la pénurie du carburant devenue récurrente. Autant donc dire que cette revue en hausse du ticket de transport n’a pas très étonné. Car l’on s’y attend chaque fois qu’une pénurie s’observe, avec d’autres conséquences qui vont avec. Le carburant étant un produit stratégique, sa carence entraîne la hausse d’autres produits.

Et si la dernière pénurie n’a pas entraîné la hausse du prix à la pompe, des risques subsistent tout de même avec une fiscalité en hausse de 308 % pour l’année budgétaire 2018/2019.

Mais comment en est-on arrivé là ?

De cette récurrente pénurie du carburant, Gabriel Rufyiri, président de l’Observatoire de la Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (OLUCOME)  y voit plusieurs causes. En tête de liste, le quasi-monopole accordé aux importateurs du carburant. Alors qu’avant 2015, avance-t-il, six sociétés étaient autorisées à importer l’or noir. Actuellement, il n’en resterait que deux dont l’une est en position de force. 

Deuxièmement, continue Rufyiri, la persistante carence des devises y est aussi pour quelque chose. Une pénurie des devises occasionnée aussi par la faible production du pays (balance commerciale déficitaire), le tourisme qui ne se porte pas bien, la coopération internationale qui n’est pas au beau fixe en raison de la crise politique toujours  pendante.  

Last but not least, Gabriel  Rufyiri dénonce une fiscalité exponentielle du carburant et l’absence remarquée de ce dernier dans le stock stratégique.

Les pistes de solutions

Le stock stratégique ? « On en a toujours entendu parler, mais sa concrétisation reste problématique », regrette Gabriel Rufyiri pour qui un pays non producteur du carburant comme le Burundi et qui en manque d’une façon récurrente devrait en faire une priorité. Tout comme lors de l’exportation du carburant, la voie maritime devrait être privilégiée à la voie routière car moins coûteuse, renchérit le patron de l’OLUCOME.

En outre, un accent doit être mis dans la stimulation et la diversification des investissements dans ce secteur. 

Et pour éviter la carence des devises, incontournables pour l’importation du carburant, l’accent doit être mis dans l’équilibrage de la balance commerciale qui implique l’augmentation de la production. C’est aussi sans oublier la reprise de la coopération internationale.

 

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