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Vers un rapatriement en masse des burundais réfugiés en Tanzanie ?

À la suite d’un appel à rentrer par  les ministres burundais et tanzanien de l’Intérieur à l’endroit des Burundais réfugiés en Tanzanie, ils sont plusieurs à craindre un rapatriement forcé. En tête de liste le HCR et certains de ces réfugiés.

Pour rappel, le 25 août, le ministre tanzanien de l’Intérieur, en compagnie de son homologue burundais, ont effectué ensemble une visite au camp de Nduta en Tanzanie et ont appelé les réfugiés à retourner au Burundi, à partir d’octobre :« En accord avec le gouvernement burundais et en collaboration avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés, nous allons entamer le rapatriement de tous les réfugiés burundais le 1er octobre ».  Et « en vertu de cet accord, ce sont 2 000 réfugiés qui seront rapatriés chaque semaine, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de réfugiés burundais en Tanzanie », avait annoncé Kangi Lugola, le ministre tanzanien de l’intérieur qui ne manquera pas d’avertir : « Nous allons arrêter tous ceux qui empêchent les réfugiés de ne pas rentrer  chez eux. Personne ne doit jouer avec le gouvernement de John Pombe Magufuli. »

Une annonce qui n’a pas été sans irriter certains des réfugiés qui dénoncent un retour forcé: « S’il est vrai que les conditions de vie dans ce camp ne sont pas enviables, ce n’est pas pour autant que nous devons rentrer. On ne se sent pas encore  prêts. Certains d’entre nous pensent déjà à regagner les camps se trouvant dans d’autres pays, ou s’il le faut, pourquoi pas nous délocaliser dans d’autres pays », explique Bosco, diplômé de  l’Ecole Normale Supérieure et qui s’est réfugié à Nyarugusu au plus fort de la crise de 2015. 

Le HCR  contre la promotion du rapatriement 

Rappelons qu’à la suite de l’annonce de la partie tanzanienne et  burundaise, le HCR a, dans un communiqué , souligné que « bien que la sécurité d’ensemble se soit améliorée, il est d’avis que les conditions au Burundi ne sont actuellement pas propices à la promotion du retour des réfugiés ».

Garantissant la pleine assistance des réfugiés ayant décidé de manière libre et informée de rentrer chez eux, cette institution onusienne souvent  prise à partie par Gitega ne manquera pas « d’exhorter les États à veiller à ce qu’aucun réfugié ne soit renvoyé au Burundi contre sa volonté, et à ce que des mesures soient prises pour rendre les conditions de sécurité au Burundi plus propices au retour des réfugiés ».

Des signes avant-coureurs du rapatriement  en masse?

L’on ne saura pas dire si la mesure est consécutive aux annonces soulignées  en haut mais le même ministère tanzanien de l’Intérieur vient de suspendre le processus de rapatriement volontaire des réfugiés burundais qui se sont fait inscrire. « Ils devront attendre le rapatriement de masse annoncé au début du mois d’octobre », apprend-on. 

Parallèlement, le même le ministère a pris la décision de  fermer tous les marchés se trouvant à l’intérieur du camp de réfugiés burundais de Nyarugusu, ce qui n’est pas sans inquiéter les réfugiés des autres camps de Nduta et Mtendeli craignant subir le même sort.

Vous saurez que selon les dernières mises à jour de la HCR, 343 974 est le nombre de Burundais réfugiés dans la sous-région. 183 707 sont en Tanzanie, 71 490 au Rwanda, 45 336 sont en RDC  tandis que 43 441 sont en Ouganda et 13 800 au Kenya. Et selon les mêmes mises à jour, 74 088 Burundais ont déjà été rapatriés de la Tanzanie, 184 de la RDC, 697 du  Kenya.

 

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