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Pourquoi un·e célibataire ne devrait-il·elle pas être parrain ou marraine dans un mariage ? (partie 2)

La culture burundaise veut que les futurs mariés choisissent pour témoins (parrain et marraine) des personnes déjà mariées, seules capable de leur donner des conseils avisés en matière de vie conjugale. Pourtant, plusieurs personnes sont là pour prouver que le statut marital importe peu.

Joyeuse est une jeune femme étudiante dont la marraine s’appelle Larissa, sa camarade de classe et meilleure amie. Elle avoue l’avoir choisie car elle est d’une incroyable maturité.  « Nous sommes les meilleures amies depuis des lustres. Je ne peux rien lui cacher et vice-versa. Elle connaît mes qualités et défauts, plus que n’importe qui au monde entier. Ses conseils m’ont toujours été d’immense utilité. Même si elle est encore célibataire, elle est pour moi un vrai modèle qui m’inspire toujours et sur qui je peux compter dans toutes circonstances », témoigne la jeune maman dont le fils aîné n’a que un an.

De tels cas sont multiples. Des couples qui ont eu des jeunes célibataires pour témoins et grâce auxquels ils sont heureux dans leurs foyers.

Être marié ne suffit pas

Je ne peux pas me passer de l’unique argument que pas mal de gens avancent. Celui de l’expérience que l’on a quand on est marié. Je ne le minimise pas. Loin de moi cette idée.

Mais sans toutefois vouloir nier qu’une personne mariée a des acquis qu’il peut mettre à profit pour aider son ou sa filleule, on ne peut tout de même pas prendre le mariage pour un prérequis exclusif et irréfutable car les situations antithétiques ne manquent pas.

Sinon, que diriez-vous alors de ces femmes qui crient à pleins poumons et sans vergogne sur leurs époux, avec des éclats de voix rivalisant avec les sirènes de la police ? Sont-elles bien cuirassées au point d’être de parfaites marraines malgré leur état civil ? 

Ces hommes que vous oubliez, ceux qui boivent du lundi au dimanche et qui rentrent toujours « défoncés » comme un terrain de manœuvre des commandos;  ceux qui, à cause de la bière, ne sont plus capables de bien accomplir leur devoir conjugal, les préféreriez-vous pour parrainer vos fils ? Feraient-ils de bons modèles pour vos enfants puisqu’ils remplissent l’unique et déterminante condition « d’être époux de quelqu’un »?  

La sagesse prime toujours

Bény Ndayishimiye en est un très bel exemple. Bien que célibataire, il est conseiller conjugal et sexuel. Il vient en aide aux célibataires, aux futurs mariés et aux mariés en leur prodiguant des leçons sur une vie sexuelle responsable et épanouie. Vous allez dire que c’est sa carrière, que c’est une filière dans laquelle il s’est spécialisé. Oui, je sais, je ne l’ai pas oublié. Mais ici, je veux montrer que la sagesse et l’état civil ne vont obligatoirement pas de pair.

Dans tous les cas, confirmer l’inhabileté de quelqu’un de par son jeune âge et son état civil paraît toujours moins judicieux. D’ailleurs, comme le dit le proverbe burundais, “Ukuri kuvuga uwukuzi ntikuvuga uwukuze”. Ce qui équivaut parfaitement à cette célèbre citation de Pierre Corneille,  “Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.”  Et moi, j’ajouterais que la sagesse de l’homme n’attend point qu’il soit marié.

 

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