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Burundi : pourquoi on se paye souvent la tête des journalistes culturels ?

Les journalistes culturels sont ceux qui couvrent l’actualité d’une ou des principales formes d’art comme le cinéma, musique, théâtre, littérature, danse, etc. Au Burundi, au cours de cette année, des critiques virulentes ont fusé sur la toile à l’encontre de certains journalistes. Certains n’hésitent même pas à s’en prendre à eux. Comment les journalistes culturels sont-ils devenus au fil du temps des souffre-douleur ? Faisons le point.

Commençons par le plus ancien des journalistes culturels : Christian Nsavye de la radio Isanganiro. Juré de la Primusic 2019, sa tentative d’expliquer les talents de l’heureuse élue Tetero lui a valu des tonnes de critiques. Au cours de la finale de ce même concours en juillet, un journaliste de la radio Culture, Alain Majesté Barenga, a été blessé suite à un mouvement de foule, avide de voir ou de toucher la star tanzanienne Diamond. 

Quelques jours avant, en juin, une journaliste de la radio Isanganiro, Isney Bariko, a été aussi blessée dans un concert de la chanteuse Natacha  à Lacosta Beach. Son matériel a été endommagé alors que l’artiste lançait des petits billets de francs burundais que le public se bousculait de récupérer. Une partie de la facture de l’hôpital sera supportée par Natacha, mais pas pour le matériel endommagé. Pour les deux journalistes, leur situation semblait être ordinaire de la part des organisateurs. En ce mois d’octobre, le journaliste Alain Nova de la radio Culture reçoit une réplique incisive de Désiré Mugani, dit Big Fizzo. Dans ses publications, Furiouz est furieux. Il le tourne en dérision. 

D’où vient cette vulnérabilité des journalistes culturels ?

Essayons de trouver des explications logiques. En tant que journaliste, j’ai passé du temps à réfléchir sur cela. D’abord, le mal vient de la trop grande proximité avec les artistes. Dans ce monde de la culture dont les partisans clament qu’il est oublié par les autorités, les plus avisés et habiles se font de l’argent. La concurrence est rude. La médiatisation est un des moyens pour gagner la popularité. 

Une relation de proximité entre un artiste et un ou plusieurs journalistes est une nécessité. Les journalistes tombent dans le panneau. Certains vont assumer sans broncher le rôle de chargé de communication pour le compte d’un artiste. Dans la plupart des cas, la sympathie envers un artiste par un journaliste attire le courroux chez les autres.

Ensuite, sur plusieurs radios et chaînes Youtube, les émissions culturelles paraissent comme un ring de boxe, par improvisation ou par préparation. Si l’attaque ne vient pas du journaliste lui-même, il en est lui-même la victime dans sa propre émission ! Dans d’autres cas, un artiste fait de ses collègues une cible.

Enfin, par usurpation de fonction, certains journalistes se prennent pour des « experts ». Une grosse erreur dont les conséquences sont presque « fatales » pour eux. Nos artistes savent qu’en jouant le rôle d’expert, les journalistes font fausse route. Ils sont aussi malins, le plus souvent, ils les attendent au tournant, du moins pour les plus rancuniers.

Entre proximité et neutralité, le choix est clair.

Journaliste sportif ou culturel, reporter ou investigateur, producteur des émissions ou animateur, tous doivent rester neutres afin de servir le public de façon objective. Il est tout à fait normal pour un journaliste d’être proche de ses sources. Mais que cette proximité lui serve pour la recherche de l’information et non la complaisance.

Pour l’intérêt du métier, le cumul ou l’usurpation des fonctions exposent les journalistes aux prises à partie, les fragilisant auprès de leurs sources. Ces dernières n’hésiteront pas d’ailleurs à les mettre au pilori, le plus souvent en guise de revanche pour les précédentes bourdes. À bon entendeur salut !

 

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