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« Non, le 8 mars n’est pas une autre Saint Valentin !»

La fièvre autour de la journée du 8 mars est retombée. Mais certains aspects de sa célébration me sont restés au travers de la gorge…

7 mars. Minuit. Je viens de parcourir les statuts WhatsApp de certains de mes amis. Ce qu’ils publient en rapport avec cette journée du 8 mars ne fait que confirmer l’impression que j’ai depuis quelques années.

Déjà commençons par ce petit rappel, il ne s’agit pas de la « Journée de la Femme » mais plutôt de la « Journée internationale des Droits de la Femme » et c’est toute la différence.

Revenons à la genèse du pourquoi d’une telle journée. Dans les années 1910, la journaliste-activiste Clara et ses compères sentent la nécessité de se rassembler pour clamer haut et fort que la femme a droit au vote et de meilleures conditions de travail. À ces premières heures, il est question de droits !

Comprenez donc mon étonnement quand quelques jours avant cette journée, j’entends ici et là des réflexions comme « Vendredi tu vas sortir ta femme?», « On espère que vous nous avez préparé des cadeaux, c’est bientôt notre fête », « Faudra quand même que demain au boulot on ait une rose, chers collègues », « Faut que l’entreprise pense à nous quand même, il nous faut un pagne, faut le dire au chargé des ressources humaines, tuberwe!».

Incompréhension

Ah bon ! Donc le 8 mars c’est ça ? Une journée kitenge ? Un remix de la Saint Valentin où les hommes devraient bien s’occuper des femmes ?

Ce qui me dérange le plus, c’est que pour une journée où les femmes sont censées se rassembler pour célébrer le résultat de la lutte pour leurs droits, elles sont actuellement dans la position de recevoir. Recevoir une rose, un dîner, un pagne, un joli poème, un petit statut, un gentil mot…

Chères sœurs, je suis désolé de le dire ainsi mais vous vous faites avoir!

Je ne veux pas être de ceux qui vous couvrent de compliments, « Vous êtes fortes, courageuses, intelligentes… », tout en omettant de parler de vos droits!

Et je ne suis pas entrain de dire que vous ne luttez pas pour vos droits ou qu’il n’y a pas de résultats de cette lutte qu’on a à célébrer. Loin de là! Je dis juste que nous devrions ramener l’attention sur le pourquoi de la journée.

De la matière, il y en a

Au Burundi, nous avons de la matière à réfléchir. Je vous donne comme exemple les 30% des postes politiques décrochés par les femmes à Arusha, du moins en théorie. Sur les 9 premiers postes (présidences et vice-présidences) du Gouvernement, Parlement et Sénat, seuls deux sont assurés par des femmes et aucune n’est présidente! On a combien de femmes qui ont le grade de général, à l’armée ou à la police ? Quelles pensées pour ces femmes qui n’ont pas le même traitement que les hommes lors de l’embauche? Il paraît que les  patrons ont peur des congés pré et post natal.

Alors non, le  8 mars ne devrait pas être une Saint Valentin bis. La lutte pour les droits de la femme est encore plus pertinente aujourd’hui. Et maintenant, si on se donnait rendez-vous le 8 mars prochain avec au moins une loi claire sur le droit à la succession au Burundi? Je serais ravi de venir en kitenge, célébrer avec vous cette journée.

 

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