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Les coopératives : une facilité qui inquiète

En 2017, 420 coopératives ont vu le jour. Une augmentation de 105,95% l’année suivante. Soit 865. Un pic conséquent non seulement à  l’appel de se regrouper en coopératives mais aussi aux efforts déployés. Les résultats ont été explosifs. Mais, force est de constater que le fonctionnement de certaines coopératives repose sur une certaine interdépendance conditionnelle.

9h pile. Je me pointe à l’agence pour la promotion des investissements. La pancarte à l’entrée donne envie de créer une société. Malheureusement, je n’étais pas là pour en créer une. J’avais d’autres chats à fouetter.

À l’intérieur, une salle a été aménagée pour accueillir les visiteurs. À tour de rôle et selon l’ordre d’arrivée, on s’adresse à l’employé installé confortablement sur l’estrade d’accueil. En attendant mon tour, je m’installe sur la chaise vacante. Un peu derrière. Je constate que je suis le seul à ne pas avoir complété des fiches. Petit à petit, je deviens plus regardant. Un employé passe régulièrement pour aider ceux qui n’y voient pas claire. Tantôt, des doutes de savoir si on doit inscrire sur la fiche tous les sociétaires ou les seuls présents à l’A.P.I. Tantôt, une confusion sur la case à cocher, qui finit par devenir dans la plupart des cas « société coopérative ».

Un grain de sable qui pourrait dérailler le train

Jean Claude** me permet de prendre son formulaire d’immatriculation pour le lire, avec ses autres documents. Contrairement à d’autres exigences, (bordereau de banque pour attester l’ouverture d’un compte bancaire, un PV de l’assemblée générale des membres fondateurs qui doit être certifié par le notaire), il n’y a aucun moyen de savoir si les montants indiqués dans les rubriques capital social, nombres de parts social/actions, valeur d’une part/action, sont correctes ou erronés. 

Ces soupçons sont confirmés par Jean claude. «Sans preuve exigée, la véracité du capital social initial importe peu. Nous n’avons qu’à payer les frais notariaux (28000fbu), ceux d’enregistrement à l’API (40000fbu), et ouvrir un compte bancaire.» Du reste, ajoutent-ils avec un léger sourire, «Nous n’avons qu’à attendre la part des 570 millions qui sera allouée au financement des coopératives.» 

Une impasse existentielle ou devrais-je dire un fonctionnement conditionnel (si jamais ces fonds sont alloués) qui fait froid dans le dos quand on pense au rôle attendu de ces coopératives. (piliers du développement économique).

Réponses en demi-teinte 

Un peu en bas du formulaire, je trouve enfin une assurance. « Je certifie que les informations fournies sont sincères et exactes. Je reconnais que toute déclaration fausse pourrait mener à des poursuites judiciaires. » De quoi me rappeler les propos affichés à l’entrée du bureau du célèbre P.D.G. « Faire confiance c’est bien, contrôler c’est mieux. »

Dans son premier trimestre 2019, l’API a enregistré 1501 entreprises dont 50% sont des coopératives avec 19 127 emplois projetés dont 76% proviendront de ces coopératives. Ce qui exige un accent particulier pour relever la tare de manque de vision et planification de la part de certains coopérateurs tel qu’indiqué par David Muvunyi, Chef du service suivi et évaluation à l’A.P.I. « Nous enregistrons autour de 40 sociétés par jour. Mais peu sont celles qui répondent avec assurance à la question de savoir leur portefeuille de projets. » Évident pour le cas ! Quel projet/faisabilité avec un capital hypothétique ?

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Je connais des gens qui ont des sociétés avec un capital de 3 milliards. Alors que sur le compte en banque il n’y a que quelques milles. Si on demande pourquoi on répond que c’est plus impressionnant. Le monde d’affaires local basé sur les apparences tue la confiance des investisseurs étrangers. Oui. Cet mentalité vient des ONG… Un monde où le résultats ne comptent pas, seulement les paroles et les apparences… Raison pour laquelle on ne sort pas de la pauvreté…