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Jeunesse : face au chômage, l’urgence des compétences

Le 15 juillet de chaque année, le monde célèbre les compétences des jeunes. La jeunesse constitue la majorité numérique de la population burundaise. L’engagement actif des jeunes est essentiel pour parvenir à une société durable, inclusive et stable. Condition sine qua non : possession des compétences.

Dans l’ambitieux programme de développement à l’horizon 2030, les Nations unies dressent 17 objectifs avec 169 cibles. Dans la foulée, le Burundi a validé les objectifs à prioriser au niveau national (16 ODD dont 46 cibles composées de 130 indicateurs). Ces derniers révèlent la voie pour un avenir meilleur et plus durable pour tous.

L’objectif 4 en sa quatrième cible prévoit l’augmentation considérable du nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles. Des compétences nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat. Donc, par une éducation tournée vers les besoins du marché du travail.

D’après le dernier recensement général de la population, l’ISTEEBU projetait une augmentation de la population jeune autour de 70% (de 2008 à 2030). De là, l’acquisition des compétences chez les jeunes obtient gain de cause, pour prévenir les problèmes auxquels fait face la jeunesse dont le chômage. 

L’acquisition des compétences semée d’embûches

Selon ADISCO, le concept de compétences met en évidence la nature de la formation et le contenu des cursus sanctionnés par les catégories de diplôme ou de spécialité. Ce qui aboutit à la propension à s’adapter à des contextes variables, à maîtriser les contingences et les situations d’incertitude.  

Avec la difficulté de transition entre l’école et la vie professionnelle, il y a lieu de questionner sur l’acquisition des compétences.

Notre système éducatif connaît des lacunes qui entravent l’acquisition des compétences. L’illustration simple en est ce qu’est l’apprentissage de l’informatique dans nos écoles fondamentales. À cela, on peut ajouter la pauvreté, un des facteurs des abandons scolaires. Par le fait que la formation ne rime pas avec les exigences du marché du travail, à la fin des études, nombreux sont ceux qui voient d’un œil pessimiste l’univers du travail. Avec les fameuses cinq années d’expérience qui brisent l’espoir de plus d’un. Et ils se trouvent projetés dans des jobs qui ne sont pas du ressort de leur formation ou tombent dans les rets du chômage.

L’éducation classique, mais pas que…                                                                                                       

Si on s’en tient à la situation du pays, où l’analphabétisme est une réalité, tout comme les abandons scolaires, les compétences ne doivent être acquises par la seule éducation classique. Ainsi, il faut prendre au sérieux d’autres volets de formation. Signalons que la chaussure Made in Kayanza est née de l’initiative de la CHASAA (Chambre Sectorielle Art et Artisanat), avec la formation sur la fabrication de divers objets en cuir.

Il en est de même pour ce qui est des cadres d’échanges des jeunes. En plus de l’acquisition des compétences, ils sont pour les jeunes des moments de prise de conscience de leur participation au développement du pays. Par exemple, si on va dans les coulisses du projet « Greennig Burundi » du jeune Emmanuel Niyoyabikoze, on trouve ce genre d’initiative.

On aime dire que «Urwaruka nirwo Burundi bwejo», ainsi pour Burundi meilleur, il faut investir dans les compétences de la jeunesse. Ceux qui ont en main le secteur de l’éducation doivent tout faire pour une formation qui rime avec exigences du marché de travail : les jeunes étant accompagnés après leur formation. Aussi, les établissements de formation doivent échanger avec différents acteurs économiques. 

 

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