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« Je suis masseuse et je déteste les hommes ! »

Peut-on avoir en horreur les hommes et travailler dans un endroit qui n’est pratiquement fréquenté que par eux et qu’en plus, le boulot consiste à les « tripoter » dans leur plus simple appareil ? Selon Christelle, jeune masseuse de Bujumbura, quand on n’a pas d’autres choix, oui.

Christelle a 25 ans aujourd’hui et vit à Bujumbura. C’est une jeune fille, teint clair, jolie et bien en chair. Elle travaille dans un salon de « sauna & massage » comme il en pullule ici à Bujumbura. Ayant fréquenté ce sauna plus d’une fois, (je vois ceux qui se disent, « ko utemera ko na massage wayigiyemwo », Dieu vous voit), il était facile d’engager la conversation. Et effectivement, un jour, j’ai décidé d’engager la conversation. Je sortais du premier round du sauna, en pagne et la sueur ruisselait sur mon corps. J’allais m’hydrater quand je la vis assise dans un coin, perdue dans ses pensées. « Qu’est ce qui ne va pas? », demandai-je.

L’air malheureuse, elle répondit : « Je n’ai eu aucun client pour le massage et là, je ne sais pas ce qu’on va manger mon fils et moi ». À ce moment, une voiture entra avec deux hommes à bord. Ils étaient venus pour le massage. J’espérais voir un sourire sur le visage de Christelle, genre Dieu a entendu mes pleurs, mais rien du tout. Son visage devint plus renfrogné. Elle finira même par dire à sa collègue d’aller masser les deux arrivants. J’étais surpris. Je ne comprenais pas. Et ma curiosité me poussa à lui demander pourquoi elle ne faisait pas son job pour que le bambin laissé à la maison puisse avoir au moins de la pâte et quelques légumes à mettre sous la dent.

« Je déteste les hommes, et particulièrement ceux-là ! ». La réponse était on ne peut plus cinglante. Aussi, elle attisait encore mon attention. Comment peut-on détester les hommes et travailler dans un endroit fréquenté à 95% par des hommes et qu’en plus le boulot consiste à les tripoter dans leur plus simple appareil ?

À cause d’un Fanta…

Dans une longue tirade, elle me répondit :

« À 13 ans, l’adolescence était là. J’avais eu mes premières menstruations à 12 ans, mes seins pointaient vers le ciel, et je me sentais femme. Comme les garçons à 13 ans ne sont encore que des enfants, je ne pouvais pas les fréquenter. C’est ainsi qu’un gars du quartier de 25 ans a commencé à s’intéresser à moi. On sortait, on s’amusait, la belle vie quoi. Un jour, en rentrant de l’école, j’ai rencontré mon copain devant chez lui, et lui ai demandé de m’acheter un soda car j’avais trop soif et je ne pouvais pas en avoir à la maison. Il m’a fait entrer dans la maison où il habitait et m’a dit de l’attendre pour qu’il aille chercher mon soda. »

Pendant qu’elle me racontait l’histoire, une larme coulait de temps en temps sur sa joue. Elle continua son récit :

« Après m’avoir donné un verre, il retourna vers la porte et ferma à clé, mit de la musique avec un grand volume et revint vers moi. Il commença à me toucher, et jusque-là, il n’y avait pas de problème. J’ai réalisé que la situation échappait à mon contrôle lorsqu’il commença à me déshabiller. Je ne pouvais pas crier, personne n’allait m’entendre à cause de la radio, je n’allais pas me débattre, il était plus fort que moi. Je l’ai supplié de me laisser rentrer sans succès, ainsi, il a abusé de moi. Ce jour, qui avait commencé comme les autres, sera mon plus grand cauchemar. Il n’avait pas pris seulement ma virginité, mais aussi, il avait pris ma personne. Je suis rentrée comme un zombie, le regard vide… Arrivée à la maison, j’ai tout raconté à ma tante. Elle a essayé de me consoler mais elle m’a interdit de le dire à qui que ce soit. Trois mois après j’ai su que j’étais enceinte. Quand la famille l’a appris, on m’a chassée de la maison. Mon bourreau de copain refusera de reconnaître l’enfant. S’il n’y avait pas eu les voisins qui ont eu pitié de moi et m’ont recueillie, j’envisageais de me suicider. Après la naissance du bébé, j’ai essayé de m’occuper de lui comme je pouvais et grâce à Dieu, il a grandi. Depuis ce jour, j’ai une aversion envers les hommes. Si je travaille ici, c’est parce que je n’ai eu aucune autre chance d’avoir un autre boulot qui me permettrait de m’occuper de mon fils qui a aujourd’hui 10 ans. »

Et de renchérir : « Ici au travail, j’ai déjà subi une tentative de viol par un client. Heureusement que mes collègues sont intervenues à temps. Abagabo ni imihimbiri, certains m’exigent que je leur fasse un massage étant toute nue pour qu’ils puissent eux aussi me toucher. Et pour mon fils, je ne peux pas reculer. Chacun de leurs attouchements me fait de plus en plus mal. Le jour où j’aurai un autre boulot, je quitterai cet endroit. »

Et ce jour-là, Christelle avait flairé en ces deux hommes des prédateurs, et malgré la faim, elle ne se sentait pas le cœur à se plier à leurs exigences malsaines. Remué, je lui laissai un pourboire de 10 000 fbu et je rentrai pensif, sachant que la prochaine fois, j’aurais du mal à supporter le sourire d’apparat d’une masseuse. On ne sait jamais l’histoire sombre qui se cache derrière.

 

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Les commentaires récents (4)

  1. Iyi récit muraraba muyisubiremwo:uwayanditse asa n’uwayishizemwo trop de sentiment…en un mot la rédactrice du récit a été subjective! Si irya mbere mwandika sur ces salons de massage:et si c’était le cas comme vous le disez que les hommes abusent de ces masseuses:pourquoi ne pas les traduire en justice? Ngo uyo mukobwa muriko muvugamwo yarabaye violée: yarituye ibigo bibijejwe kugira bibimufashemwo?eeh mama ngo baramubujije ntacire amate hasi:iyo nda nayo yatwaye ikibano nticagumye kimutuma urutoki? C’est pas vraiment évident:refaites ce récit et essayer de chercher la cohérence des faits sinon c’est vide de sens…

    1. Je trouve que vos articles sont devenus beaucoup plus personnelle, l’ambiance que vous mettez est un peu exagérer, cet article par exemple et l autres sur les balayeuse des rues qui méritent notre solidarité
      ce serait bien que vous revoyiez « une bonne façon de rédiger les articles journalistiques
      merci