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Intamba, chronique d’une mort annoncée

Défaits à domicile face au Maroc sur un score de trois buts à rien, les hommes de Mutombola hypothèquent de plus en plus leurs chances de se retrouver dans la CAN. Les cinq buts concédés en seulement deux matchs n’augurent rien de positif. Bien au contraire…

Dans « Chronique d’une mort annoncée » du Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, le lecteur sait dès le début que le personnage de Nasar va mourir. La fatalité du trépas lui pend au nez. De quoi faire penser à nos Hirondelles qui ont visiblement du plomb dans les ailes. Au terme de deux rencontres, les rêves de revivre ces moments de frissons en entendant Burundi Bwacu résonner dans les grands-messes du foot africain fondent comme neige au soleil.

Face aux fauves du Bas Oubangui, on avait cru à une égalisation alors que nos joueurs se montraient poussifs. Le deuxième but des Centrafricains a été celui du break mais l’on pouvait s’attendre à un regain d’orgueil face aux Marocains. Ceux qui se frottent souvent aux inconditionnels des Intamba ont sûrement entendu le fameux « Muhira ntidutsindwa dupfuma tunganya ». Le cas Gabon faisait jusqu’ici office de jurisprudence. « Même Aubameyang a été inexistant, pourquoi pas les Marocains », ai-je entendu de la bouche d’un supporter à l’entrée du stade. Peut-être carburait-il aux promesses d’Olivier Niyungeko et son capitaine qui avaient promis, juré, craché qu’ils n’accepteraient pas une humiliation devant leurs familles. Hélas ! Le résultat a été une douche froide : 3 buts à zéro. 

Une fan zone dépitée

Ce douzième joueur a toujours été de grande importance. Aux durs moments, subissant les assauts de l’adversaire, le public du stade Intwari a plus d’une fois soutenu les Intamba à coups de tambours et tambourins. La fédération a même eu la bonne idée de se payer les services des tifosis des équipes de l’intérieur du pays. Inconditionnels, bravant soleil de plomb et pluie averse,  les supporters ont brillé par leur fidélité à l’équipe.

Mais l’intambamania ne présente plus l’entrain qu’on lui connaît. Si pour le match contre le Gabon se procurer un ticket relevait d’une épreuve de patience, le Burundi-Maroc aura montré une tout autre image. « Quand nous nous sommes rendus aux différents points de vente de tickets pour recueillir les impressions d’avant match, il n’y avait pas du monde », constate amèrement un journaliste sportif. Et d’ailleurs l’Intwari n’affichait pas complet. Loin de là.

Le retour du bâton

Il faut savoir que l’interdiction aux supporters d’assister à quelques bribes des séances d’entraînements a été vécue telle un psychodrame. Fâchés, ils ont proféré des « puisque vous nous faites cela, nous ne reviendrons pas assister à vos matchs ».

Quels lendemains peut-on espérer à la communion de l’équipe et son public qui a passé le dernier quart d’heure de la rencontre à scander « Mutombola out » ou railler sur l’embonpoint de ses joueurs « qui se gavent de mets assaisonnés à outrance dans des championnats exotiques et où le fric passe devant le niveau du football » ?

 

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